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L’or noir n’échappe pas aux turbulences estivales / La volatilité a fait son retour ces dernières semaines
Une fois n’est pas coutume, l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) accordent un tant soit peu leurs violons sur le pétrole. La deuxième institution vient certes de maintenir inchangée sa prévision de croissance de la demande pour l’année en cours mais a cependant diminué ses estimations pour 2025.
Le cartel de l’or noir fait de même et annonce que pour "2025, la demande mondiale de pétrole est revue légèrement à la baisse, de 65 000 barils par jour (bpj), pour atteindre environ 1,8 million de barils par jour". Signe révélateur d’un changement de dynamique, l’Opep fait état d’une "demande des pays de l’OCDE [qui] devrait augmenter d’environ 0,1 millions bpj en 2025, les pays de l’OCDE-Amérique contribuant à la plus forte hausse". En creux, on comprend un autre constat, celui d’une demande chinoise insuffisante pour tirer les cours à la hausse.
Empire du Milieu
Un avis partagé par l’agence dirigée par Fatih Birol, dans son rapport mensuel sur le pétrole, il y est question d’un "changement significatif". Il s’agit du constat qu’en "juin, la demande de pétrole chinois s’est contractée pour un troisième mois consécutif, en raison d’une chute des intrants industriels, y compris pour le secteur pétrochimique". Pire encore, les données préliminaires pour le mois de juillet ne sont pas de bon augure avec une potentielle "nouvelle faiblesse en juillet, alors que les importations de pétrole brut ont chuté à leur niveau le plus bas depuis les confinements stricts de septembre 2022".
Chef de file
Alors que la transition écologique pourrait induire une moins grande dépendance des économies avancées à l’or noir, force est de constater que ce n’est pas encore le cas. Pour l’heure, l’AIE relève que "la demande dans les économies avancées, en particulier pour l’essence américaine, a montré des signes de force au cours des derniers mois ". Un tiers de l’essence mondiale est consommé aux États-Unis et explique en partie que "la consommation de pétrole de l’OCDE est passée d’une contraction annuelle de 300 000 bpj au premier trimestre à une croissance de 190 000 barils par jour au deuxième trimestre".
Nervosité
Une autre dominante du marché actuelle semble être sa nervosité, PVM Oil, entité du courtier en énergie et en matières premières TP ICAP Group, garde un œil attentif à la situation au Moyen-Orient. Il est jugé qu’une " escalade verra évidemment les prix du pétrole se poursuivre, mais des scénarios de guerre aggravés ne jouent jamais bien pour la confiance dans la suite plus large". Les rumeurs selon lesquelles Israël pourrait répondre à une attaque iranienne en frappant l’Iran contribuent à faire dire aux analystes que le "pétrole reste d’humeur nerveuse, ce qui s’ajoute à l’incursion actuelle de l’Ukraine en Russie et à l’échange de blâmes sur la responsabilité des dommages causés à la centrale nucléaire de Zaporizhzhia en sommeil". Ce qui les fait statuer que "ceux qui recherchent une renaissance de la demande qui affectera la hausse des prix du pétrole devront rester patients".
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