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Politique économique / CPME / U2P / CCI France / Politique économique / PLF 2025 / fiscalité / Compétitivité

Politique économique
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Ce que les organisations patronales comptent dire à Matignon / Les choix d’économies budgétaires seront cruciaux pour réactionner les leviers de croissance des entreprises

La nécessité de la poursuite de la politique de l’offre n’est pas la conviction du Medef seul, l’U2P ou encore la CPME plaident aussi pour son maintien. Il en va, selon ces organisations patronales qui rencontreront ce mercredi Jérôme Fournel, directeur de cabinet de Michel Barnier, de l’activité des entreprises françaises, dans un contexte où le nombre de faillites frôle désormais son niveau d’avant crise pandémique et de la réponse apportée aux Français en matière de pouvoir d’achat. Pour elles, les économies budgétaires qui seront décidées ne doivent pas se tromper de cibles.
Michel Picon, Alain di Crescenzo et François Asselin (crédits: U2P, CCI France et CPME)
Michel Picon, Alain di Crescenzo et François Asselin (crédits: U2P, CCI France et CPME)

Elles ont beau avoir félicité la nomination de Michel Barnier à Matignon, les organisations patronales veulent maintenant se faire entendre. D’autant que la constitution d’un gouvernement se fait attendre comme le contenu du prochain projet de loi de finances. C’est donc dans ce contexte qu’elles seront reçues ce mercredi rue de Varenne. Un entretien qui se fera non pas avec le Premier ministre lui-même mais avec son directeur de cabinet, Jérôme Fournel. Et le profil de ce dernier, tout droit venu de Bercy, a tout pour leur plaire, tant les inquiétudes du monde économique sont grandes. "Une inquiétude qui se traduit par un immobilisme des décisions d’investissement. Tout le monde est en attente, il y a donc urgence à faire prendre conscience, à interpeller les pouvoirs publics à ne pas se résoudre à une rupture brutale avec la politique menée par le gouvernement démissionnaire", a expliqué Michel Picon, président de l’U2P à l’occasion d’un évènement organisé ce mardi matin par l’association AJPME.

 

Rompre avec le mode de financement de la protection sociale

 

De fait, avec un manque de visibilité depuis la dissolution de l’Assemblée nationale décidée en juin dernier, la confiance des chefs d’entreprise pour investir et embaucher s’étiole. "Le nouveau Premier ministre et son gouvernement auront des choix économiques cornéliens à prendre. Notre rôle est d’appeler l’exécutif à se mettre en mouvement car la mère des batailles pour une entreprise est l’activité. Or, le niveau d’activité des entreprises françaises commence à s’effriter. Il faut poursuivre la politique de l’offre et ne pas enclencher des réformes fiscales qui pourraient tuer toute envie d’entreprendre ", a complété François Asselin, président de la CPME.

"Charger la barque" des entreprises pour répondre aux attentes des Français, à savoir une amélioration de leur pouvoir d’achat, ne serait en effet pas la bonne réponse, selon les organisations patronales. "Nous pensons que pour rémunérer mieux les collaborateurs il faut un changement brutal de notre système de financement de la protection sociale. Celle-ci ne doit plus en effet être financée par le travail mais par d’autres sources de financement", a insisté Michel Picon, sans pour autant proposer d’alternatives. "C’est au politique d’arbitrer et de décider, mais il est sûr qu’il faut dégager des charges qui pèsent sur les entreprises afin de libérer des capacités à augmenter les salaires", a-t-il précisé. Il faut dire aussi que la réalité économique des entreprises, selon Alain di Crescenzo, président de CCI France, n’est pas au beau fixe. "Les PME, par exemple, n’ont pas de marges de manœuvre. Elles sont surendettées à cause des prêts garantis par l’État accordés pendant la crise sanitaire. Par ailleurs, l’inflation a flingué leurs marges, car à l’inverse des grands groupes, les TPE-PME n’ont pas de ‘pricing power’pour compenser les hausses de coûts de production sur le prix de vente final. Enfin, la croissance est atone ", a-t-il expliqué.

 

Les aides aux entreprises ne sont pas le sujet

 

Partant de ce constat, les organisations patronales ont donc dressé la liste des priorités qu’elles comptent soumettre à Matignon demain. D’abord, de la stabilité sur la fiscalité et le coût du travail : "Nous ne sommes pas gourmands, nous ne voulons pas plus", a assuré François Asselin. Pour le président de l’U2P, la relance du bâtiment de la construction du logement doit aussi figurer en bonne place des problématiques à résoudre par l’exécutif. "Quel avenir pour la rénovation énergétique avec le nouveau gouvernement ? Le carnet de commandes est essentiel pour les acteurs du secteur. Or, la transition énergétique, comme toutes les transitions, est un levier de croissance ", a martelé Michel Picon, reliant la crise du logement à l’indispensable poursuite du travail de simplification administrative tout juste engagé par Bercy avant la dissolution. "Il faut trouver toutes les économies possibles pour les entreprises afin de leur donner de l’oxygène. Le projet de loi est au Sénat, il doit être voté", a-t-il réclamé. Un avis partagé par Alain di Crescenzo pour qui le sujet des aides publiques aux entreprises, pointé par l’Inspection générale des Finances (IGF) dans son dernier rapport, est un faux débat. "Il n’y a pas trop d’aides aux entreprises, le problème, c’est leur fléchage et l’efficacité du système. Non seulement les entreprises ne savent pas forcément qu’elles ont droit à des aides mais celles-ci ne sont pas forcément bien attribuées. L’État doit s’appuyer sur son réseau de distribution, comme les chambres de commerce par exemple, pour pallier ces carences ", a plaidé le président de CCI France, appelant aussi à la rationalité : "Lorsque l’on regarde les aides aux entreprises, il faut aussi penser aux investissements qui sont engagés en face".

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