Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / bulletin économique / productivité
Macro-économie / Taux
Banque centrale européenne / bulletin économique / productivité
La productivité européenne n’en finit plus d’être à la traîne / Sa croissance est structurellement et conjoncturellement derrière celle des États-Unis
Les mêmes causes pour les mêmes effets. Le bulletin économique de la Banque centrale européenne ne s’étonne guère du fossé entre la productivité américaine et européenne. C’est avant tout en raison du caractère structurel du phénomène. Entre 1995 et 2019 les chiffres sont saisissants, "la productivité du travail par heure travaillée aux États-Unis a augmenté d’environ 50 %, soit 2,1 % par an. Dans la zone euro, elle n’a augmenté que de 28 %, soit 1 % par an". Difficile d’imaginer le Vieux continent renverser la donne, alors même que les éléments contraires se sont enchaînés ces dernières années.
Les brefs espoirs nés du constat que l’écart de croissance de la productivité s’était brièvement réduit, ont ainsi très vite été douchés puisqu’il " a recommencé à se creuser après la mi-2022, lorsque la croissance de la productivité de la zone euro a été déprimée à la suite du choc important sur les prix de l’énergie". Sur cette période d’un peu moins de 4 ans, il s’avère que "seul le secteur des services publics a enregistré une croissance de la productivité plus élevée dans la zone euro qu’aux États-Unis". La dynamique des derniers mois est également expliquée par une productivité qui est jugée comme étant moins procyclique aux États-Unis qu’en zone euro, ce qui serait dû à une main-d’œuvre plus souple pour répondre aux modifications de la production.
Moteur
Le constat est d’autant plus froid que dans chacune des deux régions il semble que "la croissance de la productivité a été principalement tirée par la croissance intrasectorielle plutôt que par un changement de composition sectorielle". Pour espérer faire mieux à l’avenir les choix européens sont restreints et les auteurs ne s’étendent pas dessus : il est uniquement précisé que "des mesures visant à stimuler l’investissement productif et à accroître la croissance de la productivité globale des facteurs pourraient soutenir la productivité à moyen terme".
Plus que les faiblesses européennes, le document finit par lister les multiples atouts américains. Ces derniers se retrouvent dans les chiffres avec "deux sous-secteurs ont connu une croissance beaucoup plus forte aux États-Unis que dans la zone euro. […] l’information et les communications y ont progressé de 27,2 % et les services professionnels de 18,7 %. En revanche, dans la zone euro, ces sous-secteurs n’ont progressé respectivement que de 6,5 % et de 5,0 %".
Récompense
Le différentiel ne sort pas pour autant de nulle part, puisqu’il est avancé que "des investissements plus importants dans la numérisation" ont été consentis aux Etats-Unis et que dans le même temps il y est fait meilleur usage des technologies associées. "Les facteurs clés ont été et sont toujours la productivité plus élevée du secteur de l'information et des communications aux États-Unis et la capacité d'innovation comparativement plus faible des entreprises de la zone euro", souligne l'étude. Auxquels s’ajoutent les avantages procurés par une taille moyenne plus grande des entreprises outre-Atlantique.
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