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Sanctions; Poutine; FMI

Macro-économie / Taux / Russie / croissance / 2024

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Russie / croissance / 2024

ukraine L’économie russe tient encore le coup / La croissance y est au rendez-vous

UKRAINE. Une année de plus sous sanctions occidentales pour Moscou et pourtant son économie devrait continuer de croître en 2024. Le Fonds monétaire international évoque le chiffre de 3,2 % pour la période, soit une performance semblable aux pays comparables.
Vladimir Poutine, président russe, en visite dans une usine. Photo by Alexander RYUMIN / POOL / AFP
Vladimir Poutine, président russe, en visite dans une usine. Photo by Alexander RYUMIN / POOL / AFP

Difficile de dire que tout est au beau fixe en Russie et pourtant l’ours russe semble rester largement insensible aux sanctions. Julie Kozack, directrice du département de la communication du Fonds monétaire international (FMI), évoquait lors d’un échange récent avec la presse que "maintenant que la situation économique est plus stable, les consultations au titre de l’article IV avec la Russie reprennent". Les pressions exercées par Kiev ont néanmoins eu raison de la visite associée des équipes du FMI.

Si l’institution ne voit pas le pays dirigé par Vladimir Poutine maintenir son taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 2024 (3,2%) puisqu'elle attend une hausse de ce dernier de 1,5 % l’an prochain, il n’en demeure pas moins qu’on comprend que l’orage pourrait bien être passé. La direction de la communication de l’institution évoquait notamment que "dans le cas de la Russie, depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la situation économique est exceptionnellement instable, ce qui a rendu difficile l’ancrage des consultations au titre de l’article IV, notamment en ce qui concerne les perspectives et les cadres politiques à court et à moyen terme" avant d’évoquer cette amélioration des conditions rendant envisageable la reprise d'une mission d’évaluation économique en Russie dans le cadre de son article IV.

Pour rappel ce dernier consiste dans le fait que "chaque État membre s’engage à collaborer avec le Fonds et avec les autres États membres pour assurer le maintien de régimes de change ordonnés et promouvoir un système stable de taux de change ".

 

Entre deux eaux

 

Embargo occidental, mise au ban de la scène sportive ou autre gel des avoirs. La Russie reste toujours un pays très largement sous sanctions d’une partie de la planète. Si le FMI envisageait cependant jusqu’à récemment de s'y rendre c'est bien parce qu'il s’agit d’une obligation mutuelle qui lie le FMI à ses pays membres. Évoquant le contenu de cette visite, Julie Kozack a indiqué que l'équipe mandatée était censée "rencontrer un certain nombre de parties prenantes différentes pour discuter de l'évolution économique, des perspectives et des politiques du pays".

 

Main de fer

 

Difficile pourtant de nier les difficultés auxquelles fait face la Russie, Michel Fouquin, conseiller au CEPII, en fait part sur le blog du centre de recherche en arguant que "l’économie russe souffre par ailleurs d’une insuffisance de main-d’œuvre, ce qui s’explique par une multiplicité de facteurs : le déclin démographique, les centaines de milliers d’hommes qui ont fui l’enrôlement, les 315 000 victimes, et les 700 000 soldats mobilisés en supplément par rapport à l’avant-guerre". Les salaires n’ont pas manqué de réagir rappelait l’économiste, puisque c’est une augmentation de 18,5 % du salaire minimum, qui a été effective au 1er janvier concernant plus de 4 millions de personnes.

La Banque centrale risque d’avoir quant à elle bien du mal à diminuer son taux directeur de référence, actuellement de 19 %, l’inflation étant proche de 9 %. Du côté de Renaissance Capital on argue que "les chiffres du projet de budget 2025 confirment nos attentes d'une hausse de 100 points de base du taux directeur à 20 %", la puissance de l’impulsion budgétaire (dépenses en hausse de 9%) risque néanmoins de mettre à mal les efforts de la Banque centrale russe pour ramener l’inflation à sa cible de 4 %. Pour Sofya Donets, analyste à la T-Bank, l’équation est simple : un niveau de dépenses supérieur à 40 000 milliards de roubles (386 milliards d'euros) n’est plus neutre pour l’inflation. Les sommes annoncées rajouteraient entre 0,7 et 0,8 point aux prévisions d’inflation l’an prochain.

La dynamique de hausse des prix en Russie semble donc loin d'être enrayée, Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi, soulignant que "la substitution des importations occidentales par celles venues d’ailleurs n’est pas parfaite, ce qui crée à la fois des problèmes d’approvisionnement et des tensions sur les prix des importations". Une autre problématique est apparue avec la réorganisation de l'économie du pays pour répondre à ses besoins militaires, ce qui amène des tensions sur l'offre.

 

Déliquescence

 

Le conseiller au CEPII constate que paradoxalement "si la dette extérieure de la Russie est faible, et se réduit encore, cela est dû au fait que les créanciers potentiels ne se précipitent pas". A date, les réserves extérieures de la Russie se montaient "à 630 milliards de dollars, dont 300 milliards sont détenus par les pays occidentaux et sont gelés du fait des sanctions".

Le chef économiste d’un grand groupe français confiait récemment à WanSquare que "pour tout pays sous sanction pendant des années et qui ne mène pas de réforme structurelle il y aura un problème conséquent un jour ". Il s’avérerait également que "c’est d’autant plus le cas avec la transition énergétique, dont le financement est encouragé à de nombreux endroits sur la planète". Chez Xerfi on argue que "les sanctions occidentales semblent devoir être un poison à diffusion lente ; la guerre économique est aussi une guerre d’usure".

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