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Le marché automobile français s’enfonce dans la déprime / Le Mondial de Paris suscite une lueur d’espoir
Aucune amélioration en vue pour le marché automobile français, dont la tendance continue de se dégrader. Après leur chute de 24,3 % subie en août, les immatriculations de voitures particulières dans l’Hexagone ont encore reculé de 11,07 % en septembre, selon les chiffres communiqués mardi par La Plateforme automobile (PFA), qui rassemble la filière.
Précisément, la France a comptabilisé 139 004 immatriculations de voitures neuves le mois dernier, contre 156 303 un an auparavant. Une nouvelle performance difficile qui vient confirmer la bascule du marché en territoire négatif depuis le début de l’année. La bonne dynamique du premier trimestre est loin désormais. Sur neuf mois, après cinq mois consécutifs de baisse, les immatriculations de voitures neuves en France s’inscrivent en repli de 1,8 %, avec un total de 1 265 905 unités.
"Cette chute importante du marché doit être relativisée au regard de la base de comparaison assez haute de septembre 2023", tempère toutefois Marie-Laure Nivot, responsable Intelligence marché de AAA Data. "A l’époque nous étions en plein rattrapage des livraisons après une longue période de difficultés de production et de logistique", poursuit-elle.
La baisse des commandes rattrape les ventes
Le phénomène, observé à partir du second semestre 2022, s’est amplifié tout au long de 2023. Mois après mois l’an dernier, les chiffres de ventes se sont ainsi retrouvés gonflés par l’écoulement accéléré des carnets de commandes. Et ce, "jusque dans les premiers mois de 2024, y compris grâce au leasing électrique pour les ménages modestes", ajoute l’analyste.
Mais les commandes elles-mêmes ont régulièrement décliné, ce qui ne manquait d’ailleurs pas d’inquiéter. Résultat, alors que les immatriculations de véhicules particuliers progressaient de 11 % en septembre 2023, " l’atonie des commandes déjà constatée à l’époque a fini par retourner la tendance, dans un contexte de tension persistante sur le pouvoir d’achat et de ralentissement de l’activité des entreprises ", ajoute AAA Data.
Le plafonnement des aides à l’achat de voitures électriques neuves à 4000 euros en France depuis février 2024 (pour les ménages dont le revenu fiscal de référence par part est supérieur à 15 400 euros) n’a pas aidé. Les ventes de véhicules électriques ont encore reculé de 6 % en septembre. L’évolution traduit certes une meilleure résistance au mois d’août, durant lequel elles avaient plongé de 33 %. En relatif, leur part de marché est d’ailleurs remonté de 15 % en août à 20 % le mois dernier. Pour autant, leur tendance nourrit des interrogations de plus en plus pressantes quant à la trajectoire de conversion au tout électrique prévue pour 2035.
L’hybride se taille la part du lion
En attendant, entre des véhicules essence et diesel voués à la disparition et des véhicules électriques encore trop cher, au-delà de leur autonomie encore imparfaite, les consommateurs privilégient la voie du milieu. Ainsi, en termes de motorisations, seuls les hybrides ont progressé en septembre en France, au point de représenter sur le mois près de 45 % des immatriculations, contre 32 % en septembre 2023.
"Dans le détail, ce sont les hybrides non-rechargeables (HEV, hors hybrides légères) qui bénéficient le plus de cet engouement, puisqu’ils atteignent près d’un quart des immatriculations grâce à une progression de 26 %, ainsi que les hybrides légères (MHEV) qui gagnent 57 % à 18 % du marché", observe AAA Data.
En braquant les projecteurs sur les nouveaux modèles, notamment électriques, Le Mondial de Paris, qui se déroule du 15 au 20 octobre, pourrait cependant permettre de redynamiser les commandes. Les constructeurs français en ont bien besoin, en particulier Stellantis, dont les ventes se sont tassées de 17,5% en France le mois dernier (Citroën a beaucoup plus souffert que Peugeot), tandis que celles de Renault reculaient de 14,3%.
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