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BCE; étude; tension

Macro-économie / Taux / Emploi / IA / europe / marché du travail

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Emploi / IA / europe / marché du travail

Les entreprises européennes toujours aux prises avec un marché du travail sous tension / L’IA n’a pas encore changé la donne

L’absence de croissance élevée n’empêche pas nombre de sociétés de la Zone euro de faire face à un marché du travail particulièrement tendu. Une enquête récente de la BCE témoigne d’une situation qui perdure et en profite pour faire un état des lieux de l’adoption de l’IA par le secteur privé.    
Annonce pour un job dating. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Annonce pour un job dating. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Aujourd’hui, la compétitivité est moins liée aux coûts relatifs de la main-d’œuvre qu’aux connaissances et aux compétences incarnées par la main-d’œuvre". Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), a beau faire état, dans son récent rapport sur la compétitivité du Vieux continent, d’un changement de paradigme touchant à la main-d’œuvre. Il n’en demeure pas moins que les sociétés non financières de la Zone euro ont déclaré à la BCE qu’elles faisaient face à un "recrutement [qui] était devenu plus difficile ces dernières années, mettant en évidence une pénurie de travailleurs possédant les compétences requises".

La question d’une inadéquation entre l’offre et la demande de travail apparaît à la lumière de l’enquête de l’institut d’émission. Les répondants pour "plus de 90 % d’entre eux sont d’accord ou tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle le recrutement des salariés dont ils ont besoin est devenu plus difficile qu’il y a cinq à dix ans, ce qui constitue "un indicateur de pénuries généralisées de main-d’œuvre" et les neuf dixièmes de ces derniers observent une "pénurie de candidats possédant les compétences requises, suggérant une pénurie de main-d’œuvre qualifiée ". La difficulté de la vieille Europe à s’adapter est criante avec près des deux tiers "des répondants [qui] ont reconnu que les changements dans les compétences requises ont accru les difficultés à embaucher".

 

Irruption

 

Grain de sable ou fils prodigue, l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) laisse encore circonspectes nombre de firmes de la Zone euro. Elles ne semblent pas pour l’heure y voir une solution à leurs problèmes sur le marché du travail, elles sont certes près de 75 % à déjà user de cette technologie mais de manière très différente entre elles. C’est ainsi uniquement "environ la moitié de ceux qui utilisent cette technologie [qui] ont reconnu que la réduction des effectifs était également une motivation importante", bien loin derrière les 90 % qui souhaitent améliorer l’accès à l’information de leurs salariés.

Des intentions à mettre en relation avec la faible part des employés qui feraient usage de l’IA ; 50 % des sondés "ont estimé que pas plus de 10 % de leurs effectifs utilisaient l’IA générative au moins une fois par semaine, tandis que seulement 6 % situaient la part de leurs effectifs utilisant régulièrement cette technologie à plus de 25 %". Une part non négligeable des entreprises étant encore à la recherche du meilleur usage possible pour accroître leur productivité et leur efficience grâce à l’IA.

 

Concession

 

Pour l’heure, les entreprises sont enclines à faire des efforts conséquents pour fidéliser leurs salariés. Les auteurs en profitent pour relever que cela "indique un lien étroit entre le maintien de sureffectifs et les pénuries de main-d’œuvre". Un phénomène permis notamment par un "niveau récent de la rentabilité [qui] a rendu le maintien des effectifs plus abordable " selon un tiers des répondants. La même proportion confie à la BCE que "leurs entreprises étaient plus enclines à conserver leurs salariés lorsque les conditions de l’activité se détérioraient, la quasi-totalité d’entre elles expliquant anticiper ainsi la difficulté de recruter lorsque les conditions s’amélioreraient".

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