Macro-économie / Taux / Emploi / IA / europe / marché du travail
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Les entreprises européennes toujours aux prises avec un marché du travail sous tension / L’IA n’a pas encore changé la donne
"Aujourd’hui, la compétitivité est moins liée aux coûts relatifs de la main-d’œuvre qu’aux connaissances et aux compétences incarnées par la main-d’œuvre". Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), a beau faire état, dans son récent rapport sur la compétitivité du Vieux continent, d’un changement de paradigme touchant à la main-d’œuvre. Il n’en demeure pas moins que les sociétés non financières de la Zone euro ont déclaré à la BCE qu’elles faisaient face à un "recrutement [qui] était devenu plus difficile ces dernières années, mettant en évidence une pénurie de travailleurs possédant les compétences requises".
La question d’une inadéquation entre l’offre et la demande de travail apparaît à la lumière de l’enquête de l’institut d’émission. Les répondants pour "plus de 90 % d’entre eux sont d’accord ou tout à fait d’accord avec l’affirmation selon laquelle le recrutement des salariés dont ils ont besoin est devenu plus difficile qu’il y a cinq à dix ans, ce qui constitue "un indicateur de pénuries généralisées de main-d’œuvre" et les neuf dixièmes de ces derniers observent une "pénurie de candidats possédant les compétences requises, suggérant une pénurie de main-d’œuvre qualifiée ". La difficulté de la vieille Europe à s’adapter est criante avec près des deux tiers "des répondants [qui] ont reconnu que les changements dans les compétences requises ont accru les difficultés à embaucher".
Irruption
Grain de sable ou fils prodigue, l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) laisse encore circonspectes nombre de firmes de la Zone euro. Elles ne semblent pas pour l’heure y voir une solution à leurs problèmes sur le marché du travail, elles sont certes près de 75 % à déjà user de cette technologie mais de manière très différente entre elles. C’est ainsi uniquement "environ la moitié de ceux qui utilisent cette technologie [qui] ont reconnu que la réduction des effectifs était également une motivation importante", bien loin derrière les 90 % qui souhaitent améliorer l’accès à l’information de leurs salariés.
Des intentions à mettre en relation avec la faible part des employés qui feraient usage de l’IA ; 50 % des sondés "ont estimé que pas plus de 10 % de leurs effectifs utilisaient l’IA générative au moins une fois par semaine, tandis que seulement 6 % situaient la part de leurs effectifs utilisant régulièrement cette technologie à plus de 25 %". Une part non négligeable des entreprises étant encore à la recherche du meilleur usage possible pour accroître leur productivité et leur efficience grâce à l’IA.
Concession
Pour l’heure, les entreprises sont enclines à faire des efforts conséquents pour fidéliser leurs salariés. Les auteurs en profitent pour relever que cela "indique un lien étroit entre le maintien de sureffectifs et les pénuries de main-d’œuvre". Un phénomène permis notamment par un "niveau récent de la rentabilité [qui] a rendu le maintien des effectifs plus abordable " selon un tiers des répondants. La même proportion confie à la BCE que "leurs entreprises étaient plus enclines à conserver leurs salariés lorsque les conditions de l’activité se détérioraient, la quasi-totalité d’entre elles expliquant anticiper ainsi la difficulté de recruter lorsque les conditions s’amélioreraient".
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