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Bercy; Matignon;

Macro-économie / Taux / HCFP / PLF / Michel Barnier

Macro-économie / Taux
HCFP / PLF / Michel Barnier

Le gouvernement entend fortement se serrer la ceinture en 2025 / Un budget sous le signe des économies

La course contre la montre bat son plein, le Premier ministre Michel Barnier entend ramener le déficit français à 5 % l’an prochain puis à 3 % en 2029. Le projet de loi de finances 2025, transmis récemment au Haut conseil des finances publiques, fait la part belle aux réductions de dépenses qui constituent 40 des 60 milliards d'euros de l’effort annoncé.
FRANCE-POLITICS-GENERAL-POLICY-STATEMENT-GOVERNMENT-NATIONAL-ASSEMBLY
FRANCE-POLITICS-GENERAL-POLICY-STATEMENT-GOVERNMENT-NATIONAL-ASSEMBLY

"Faire face au déficit que j’ai trouvé en arrivant". Michel Barnier, le Premier ministre, n’a pas caché la gravité de la situation hexagonale dont il hérite, et dans l’entourage du gouvernement on détaille de jour en jour l’ampleur de l’effort à accomplir. Dans l’attente de la prévision de déficit du Haut Conseil des finances publiques (HCFP) - pour rappel, avant chaque projet de loi de finances, l’institution est amenée à s’exprimer sur la cohérence entre ce texte et la programmation pluriannuelle de solde structurel et de dépenses publiques -, il est actuellement fait état d’une prévision de déficit de l’ordre de 5 % pour l’année 2025.

Un tour de force par rapport aux 6,1 % attendus pour cette année. Néanmoins, deux écueils majeurs subsistent avec d’une part la nécessité de réussir ce redressement de 60 milliards d’euros, et de l’autre le fait qu'il faudra mener à bien les négociations à l’échelle européenne. Sans ces dernières il ne sera pas possible de bénéficier des flexibilités offertes par le nouveau pacte de stabilité et de croissance.

 

Satisfaire

 

Difficile au vu des éléments dévoilés à la presse ce matin de ne pas penser aux scénarios dessinés par Rexecode cet été et dont nous nous faisions l’écho. Leurs experts évoquaient notamment une hypothèse d’une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros dès 2024. Pour l’heure, il n’est question que de 40 milliards mais il n'en reste pas moins que leur constat de "réductions de dépenses fortes et prochaines" demeure et que l’on a du mal à imaginer qu’il puisse exister "un financement suffisant des investissements pour la décarbonation et la transition climatique" dans les conditions actuelles. Les conséquences qu’"une croissance durablement faible fait peser une contrainte forte sur une économie déjà financièrement déséquilibrée" sont toujours dans le paysage.

La crainte est d’autant plus forte que le retour de la croissance ne semble pas encore à l’ordre du jour avec une hypothèse de croissance qui serait de 1,1 %, la même en 2024 et 2025. Une hypothèse qualifiée de robuste par une source gouvernementale et sur la base de laquelle s’ajoute la volonté du gouvernement d’aller au-delà des lettres plafonds de son prédécesseur.

 

Arbitrage

 

Entre autres mesures évoquées, il a été fait état d’un report au premier juillet de l’indexation des retraités, mais dans le souci de ménager les quelque douze millions de retraités que compte notre pays on martèle dans l’entourage du gouvernement qu’il ne s’agit pas d’un gel.

Sur la question des économies, pour l’heure le gouvernement se montre bien plus complaisant avec les collectivités locales que ne l’est la Cour des comptes. On évoque davantage le côté bon gestionnaire qu’elles posséderaient, que leurs dérapages récents. On veille également à ménager les classes moyennes en affirmant que la contribution ponctuelle de la part de certains ménages ne concernerait que les ménages très fortunés.

 

Prudence est mère des vertus

 

Le fiasco des recettes moindre qu’attendues est encore dans tous les esprits et il semble qu'à Bercy et Matignon, on ait pris le soin de se prémunir contre un nouvel épisode. L’élasticité sur recette retenue pour 2025 serait encore inférieure à 1, un choix qualifié de prudent pour éviter toute déconvenue. Pour l’année 2024 on se dirigerait vers un chiffre de 0,5.

Pas d’illusion non plus sur le sujet de la dette, cette dernière devrait continuer à grandir et atteindre 113 % du PIB dès cette année avant de tendre vers les 115 % du PIB. On ne cache que malgré sa réduction le déficit demeurera élevé et empêchera mécaniquement un reflux de la dette hexagonale. Le besoin de financement pour 2025 demeurerait également conséquent avec un chiffre annoncé à hauteur de 150 milliards et ce malgré des recettes de l’ordre de 1 560 milliards d’euros.

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