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Macro-économie / Taux / gaz naturel liquéfié / gaz / europe

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La demande de gaz adopte un rythme de croisière / Le danger de la volatilité n’a pas disparu pour autant

On est pourtant loin d’un long fleuve tranquille, avertit l’Agence internationale de l’énergie (AIE), son dernier rapport sur la question table certes sur une demande en hausse de 2,5 % tant pour 2024 que pour 2025 et pourtant les faiblesses du marché demeurent. Ces derniers sont toujours à fleur de peau selon l’AIE et la répartition des nouvelles capacités de production est très inégale sur la planète.  
German Baltic Sea Energy Terminal
German Baltic Sea Energy Terminal

De l’invasion de l’Ukraine au rapport Draghi, le gaz est sur le devant de la scène depuis de long mois. Craintes sur les prix, volonté de souveraineté et autre transition énergétique s’ajoutent à une demande toujours plus forte. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’attend désormais à ce que " la demande mondiale de gaz naturel augmente à un rythme plus soutenu en 2024 qu’au cours des deux années précédentes, qui ont été fortement affectées par la crise énergétique mondiale ".

Keisuke Sadamori, directeur des marchés énergétiques et de la sécurité de l’AIE, explique que selon leurs équipes cette "croissance de la demande mondiale de gaz que nous observons cette année et l’année prochaine reflète la reprise progressive après une crise énergétique mondiale qui a durement touché les marchés". L’institution statue que c’est avant tout les "marchés asiatiques en forte croissance [qui] sont à l’origine d’une grande partie de cette augmentation, tandis qu’un rebond de la demande de gaz industriel en Europe y contribue également", tout en rappelant que le Vieux continent demeure loin d’avoir autant d’appétit qu’avant la crise.

 

Un pour tous

 

Le tout récent rapport de Mario Draghi, sur la compétitivité européenne, aborde également la question du gaz et regrette une insuffisante alliance entre les gouvernants pour obtenir des prix plus abordables. Ce qui permettrait d’éviter ou de mieux absorber d’éventuels chocs économiques. Un manque qui pourrait être d’autant plus préjudiciable au vu d’une des incertitudes majeures aux yeux de l’AIE, il s’agit en effet du "transit du gaz russe via l’Ukraine, les contrats existants devant expirer fin 2024. Cela pourrait signifier la fin de toutes les livraisons de gaz par gazoduc vers l’Europe depuis la Russie via l’Ukraine. Cela nécessiterait à son tour des importations de GNL plus importantes vers l’Europe en 2025".

Une telle situation contribue à faire dire à Keisuke Sadamori qu’actuellement "l’équilibre entre les tendances de l’offre et de la demande est fragile, avec des risques évidents de volatilité future". Il évoque quant à lui une collaboration insuffisante entre les producteurs et les consommateurs. C’est notamment la liquidité du marché mondial du GNL qui le préoccupe et il suggère de réfléchir à "des cadres potentiels pour des mécanismes de réserve de gaz volontaires ". Ce qui pourrait s’avérer précieux pour amortir des pics de demande.

 

Deux vitesses

 

Le marché reste également sensible en raison de la concentration géographique de la hausse de l’offre prévue pour 2025. En ce qui concerne celle de GNL, elle "devrait s’accélérer pour atteindre près de 6 % grâce à la mise en service de plusieurs grands projets de GNL, principalement au cours du second semestre de l’année". Il n’en demeure pas moins que c’est en Amérique du Nord qu’une très grande majorité de ses nouvelles capacités va voir le jour.

Pour l’année en cours, c’est malheureusement une "croissance relativement lente de la production de GNL" qui est escomptée et ce alors que les problématiques géopolitiques demeurent une épée de Damoclès qui alimente la volatilité des cours.

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