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Budget 2025 : pour les organisations patronales, c’est le volet social qui pose (surtout) problème / Les allègements de charges font l’unanimité contre eux
Le rapport Bozio Wasmer en a pris pour son grade ce mardi soir au Sénat. La délégation des entreprises de la Chambre haute recevait les différents représentants des organisations patronales. L’occasion pour ces derniers de tirer à boulets rouges contre le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025. "Notre conviction est que ces deux textes dégraderont la compétitivité des entreprises françaises, l’emploi et alors même que nous nous accordons sur un objectif de désmicardisation, conduiront à renier à travers la réduction des allègements de charges, la capacité qu’auront nos entreprises à accorder des augmentations de salaires ", a expliqué le président du Medef, Patrick Martin, évoquant "une forme de paradoxe entre les intentions annoncées et les mesures proposées".
Le transitoire n’existe pas en droit fiscal français
Car de fait, si les organisations patronales semblent (pratiquement) toutes d’accord pour participer à l’effort de guerre en vue de réduire le déficit public, c’est bien le volet social du budget 2025 qui inquiète les entreprises, davantage que son volet fiscal. "La surtaxe de l’impôt sur les sociétés va être extrêmement lourde pour les entreprises. Nous estimons entre 700 et 800 le nombre de celles qui seront concernées par la mesure, quand le gouvernement parle de 400. Mais pourquoi pas, si la mesure est ponctuelle et est formellement limitée dans le temps ", a déclaré, visiblement résolu, Patrick Martin, rappelant toutefois "que la CVAE (impôt de production) était censée être supprimée depuis deux ans. Nous sommes donc méfiants même si nous faisons confiance au législateur et aux gouvernants", a-t-il précisé.
Ainsi, outre le projet de réforme sur les aides à l’apprentissage, la proposition de réforme progressive des allègements généraux de cotisations pour inciter les employeurs à rehausser les salaires les plus bas est considérée comme une mauvaise réponse au problème de la dette française. Pour mémoire, s’inspirant du rapport Bozio Wasmer, Bercy souhaite que les exonérations de cotisations patronales baissent au niveau du Smic, de 2 points en 2025 et de 2 points supplémentaires en 2026, jusqu’à 1,3 Smic. Elles seront ensuite renforcées entre 1,3 et 1,8 Smic. Elles baisseront au-delà, pour s’éteindre à 3 Smic. "Une vue de l’esprit, même si j’ai du respect pour les deux économistes qui ont bâti ce rapport", pour Michel Picon, président de l’U2P.
Une réforme de l’action publique jugée plus utile
"Le rapport Bozio Wasmer n’a pas traité l’équilibre entre les revenus du travail et les transferts sociaux. Le fait que le gouvernement veuille 5 milliards d’euros sur les allègements de charges nous paraît dangereux", a insisté le président du Medef, rejoint par Sylvie Grandjean, vice-présidente du Meti : "cette mesure ne va faire qu’empirer le contexte actuel alors que les défaillances d’entreprises s’accélèrent et qu’il s’agit même d’un doublement des faillites pour les ETI, tous secteurs confondus. Et pourtant, la réindustrialisation de la France a commencé", a-t-elle prévenu, craignant ainsi que les PLF et PLFSS 2025 ne viennent casser cette dynamique. "Cela paraît démesuré. Nous avons fait le calcul, une telle mesure aurait un impact entre 1 et 2 % d’augmentation de la masse salariale. C’est l’augmentation générale que je ne donnerai donc pas dans ma propre entreprise l’année prochaine. C’est du pouvoir d’achat en moins pour tous nos salariés", a déploré Sylvie Grandjean.
D’autant que, comme l’a rappelé le président de la CPME, François Asselin, l’exécutif envisage de prendre en compte dans le calcul du volume d’allègement les primes de partage de la valeur (PPV). "Toutes les entreprises vont être perdantes", a-t-il alerté, plaidant au contraire pour une grande réforme de l’action publique. "Des réformes structurelles afin que les efforts demandés aux entreprises ne soient pas un coup d’épée dans l’eau", a réclamé François Asselin.
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