Macro-économie / Taux / pétrole / Chine / Donald Trump
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L’or noir fait le dos rond / La demande de pétrole ne redémarre toujours pas
La fin du pétrole ça n’est pas pour tout de suite. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) statue dans son dernier rapport mensuel consacré à la matière première que nous nous trouvons dans "un contexte où le marché mondial – comme nous le soulignons depuis un certain temps – semble suffisamment approvisionné". La hausse de la demande mondiale de pétrole s’annonce ténue tant pour 2024 avec 900 000 barils par jour (bpj) supplémentaire, qu’en 2025 avec 1 million de bpj.
L’institution dirigée par Fatih Birol rappelle qu’en 2023 la donne était tout autre avec près 2 millions de bpj supplémentaires qui avaient été enregistrés. Une des raisons de cet appétit qui ne grandit plus autant est un secret de polichinelle : la Chine ne soutient plus la hausse de la demande comme elle l’a fait auparavant. Selon les estimations de l’AIE, l’Empire du Milieu ne représenterait aujourd’hui qu’environ "20 % des gains mondiaux cette année et l’année prochaine, contre près de 70 % en 2023". Ce qui n’empêche pas l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) de demeurer l’une des prévisionnistes les plus optimistes ; le cartel juge que la demande mondiale de pétrole grandirait de 1,93 million de bpj cette année. Une estimation cependant en baisse de 100 000 bpj par rapport au mois dernier, dont 70 000 imputés à la seule Chine.
Paré à faire face
Les craintes sur le plan géopolitique semblent pour l’heure contenues. John Plassard, analyste chez Mirabaud, notait ce mardi matin que le "sentiment négatif de la part de la Chine l’a emporté sur les inquiétudes concernant les perturbations potentielles de l’approvisionnement en pétrole dues à une éventuelle réponse israélienne à l’attaque de missiles iraniens du 1er octobre, bien que les États-Unis aient mis en garde Israël contre le ciblage de l’infrastructure énergétique iranienne".
L’analyste se fait également l’écho du taux d’inflation en Chine, qui a "baissé en septembre, suscitant des craintes quant à l’affaiblissement de la demande de carburant dans le pays qui est le plus grand importateur de brut au monde".
Pour la seule journée d’hier, c’est une baisse de 2 % des contrats à terme sur le pétrole brut qui a été enregistrée. Les prévisionnistes de l’AIE appellent quant à eux à prendre du recul sur la situation et arguent qu’au moment où ils mettaient le point final à leur rapport "les contrats à terme sur le pétrole brut Brent se négociaient autour de 78 dollars le baril, soit 8 dollars de plus que le mois dernier, mais plus de 10 dollars de moins qu’il y a un an".
Trump à l’horizon
Si l’inquiétude n’est pas de mise pour l’Agence c’est qu’elle sait pouvoir compter sur des "capacités de production inutilisées de l’OPEP + [qui] se situent à des sommets historiques, à l’exception de la période exceptionnelle de la pandémie de Covid-19. Hors Libye, Iran et Russie, les capacités inutilisées effectives ont largement dépassé 5 mb/j en septembre" et elle estime qu’elle et ses pays membres "peuvent rapidement prendre des mesures collectives. Les stocks publics de l’AIE s’élèvent à eux seuls à plus de 1,2 milliard de barils, auxquels s’ajoutent un demi-milliard de barils de stocks détenus dans le cadre d’obligations industrielles ".
Pour autant, l’issue de la très indécise élection américaine ne sera sans doute pas sans conséquence pour la volatilité du marché pétrolier, en cas de succès de Donald Trump et au vu de son penchant pour les énergies fossiles. Une hausse significative de la production d’or noir aux États-Unis ne pourra pas laisser l’Opep sans réaction tant nombre de ses membres ont besoin de cette manne pétrolière pour leur équilibre budgétaire. L’augmentation de l’offre de pétrole est déjà en grande partie tirée par le pays dirigé par Joe Biden.
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