Macro-économie / Taux / Unedic / Dette / excédents
Macro-économie / Taux
Unedic / Dette / excédents
Redressement chahuté des comptes de l’Unédic / La conjoncture apparaît moins favorable
Ce sera un retour dans le vert moins florissant qu’attendu pour l’Unédic. Ses dernières prévisions datant de juin dernier mettaient en évidence un excédent cumulé de 21,1 milliards d’euros entre 2024 et 2027. L’organisme paritaire vient de dévoiler qu’il révisait significativement à la baisse cette estimation à 15 milliards d’euros. Le comportement de l’activité économique et ses retombées sur le marché du travail n’y sont pas pour rien.
En effet, l’Unédic qui s’appuie sur le consensus des économistes, rapporte que la croissance en volume du Produit intérieur brut (PIB) de la France serait plus faible que prévu à l’horizon de la prévision : 1 % en 2025, 1,3 % en 2026 et 1,4 % en 2027. Si bien que dans trois ans, le PIB se situerait 0,4 % en dessous du niveau qui aurait été le sien dans l’ancienne prévision. Autre phénomène contrariant pour les comptes de l’Unédic : l’inflation plus faible qu’escompté. Le consensus juge qu’entre 2025 et 2027 les prix à la consommation augmenteront de 5,4 %, soit 0,2 point de moins que précédemment.
Une moindre croissance nominale implique une progression de la masse salariale moins importante, d’une part parce que cela signifie que les rémunérations en valeur augmenteront moins vite, d’autre part puisque les créations nettes d’emplois seront moins élevées qu’attendus, deux phénomènes qui impliquent moins de recettes (cotisations) pour le régime.
En outre, cela jouera négativement sur le solde car influant à la hausse sur les dépenses d’indemnisation des chômeurs. En effet, là où l’Unédic attendait auparavant 474 000 créations nettes d’emplois d’ici à 2027, elle n’en prévoit plus "que" 308 000.
Après 7,5 % en 2024, le taux de chômage atteindrait 7,7 % en 2025, 7,6 % en 2026 et 7,3 % en 2027, contre respectivement 7,6 %, 7,4 % et 7 % précédemment. En conséquence, 2,382 millions de chômeurs seraient indemnisés fin 2027, soit près de 100 000 de plus qu’anticipé.
Reste que fort de ses excédents, l’organisme pourra continuer de faire refluer son endettement. La dette du régime représenterait 44,3 milliards d’euros en 2027 contre 59,3 milliards d’euros prévus pour 2024. Elle était passée de 36,8 milliards d’euros fin 2019 à 63,6 milliards d’euros fin 2021 en raison de la crise Covid et des mesures d’urgence (activité partielle, etc.). "Depuis lors, la dette a amorcé une décrue et poursuivrait en ce sens d’ici 2027 sous l’effet conjugué des changements réglementaires (réformes 2021 et 2023, réforme des abandons de poste) et de la conjoncture. Les prélèvements État pour le financement de France Travail et de France Compétences (12,05 milliards d’euros de 2023 à 2026) joueraient en sens contraire, alourdissant la dette de l’Unédic", explique l’organisme.
Pour mémoire, la réforme de 2021 s’accompagnait notamment de l’allongement de la durée d’affiliation requise pour ouvrir un droit : de 4 à 6 mois de travail dans les 24 derniers mois. La réforme de 2023, elle, prévoit une réduction de la durée des droits d’un quart pour les demandeurs d’emploi lorsque l’économie est sur les bons rails (c’est-à-dire un taux de chômage inférieur à 9 % et qui ne connaît pas d’augmentation d’un trimestre sur l’autre de plus de 0,8 point).
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