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Le nucléaire se remet doucement de Fukushima / L’atome profite de la crise énergétique pour retrouver de l’attrait
Chine en tête, le reste dans le rétroviseur. L’attachement hexagonal au nucléaire ne suffit pas à concurrencer l’Empire du milieu sur la question. Pourtant le spécialiste du conseil au gouvernement Global Sovereign Advisory (GSA) se fait l’écho d’une relance du nucléaire qui séduit de plus en plus d’États à travers le globe.
Les années passent en effet et tant Tchernobyl que Fukushima sont moins présents dans les esprits, alors que le nucléaire dispose de deux atouts de poids pour séduire les dirigeants. Chez GSA, on rapporte que "l’atome apparaît donc comme une source d’électricité capable de répondre à la fois aux impératifs de sécurité énergétique et de transition énergétique", comparé au solaire et à l’éolien, il peut en effet produire en continu sans se soucier du climat.
Regain
Des arguments qui font que de nombreux projets sont déjà lancés et que "le parc nucléaire mondial va donc croître de plus de 17 % dans les sept prochaines années". La Chine se taille la part du lion dans cette croissance attendue avec près de 45 % des livraisons programmées à l’horizon 2030. De quoi lui permettre de s’emparer dans les prochaines années de la deuxième place mondiale en termes de production, dépassant ainsi la France et se rapprochant du leader américain.
Plus que du côté européen où tous les pays n’ont pas la même appétence pour l’atome, en témoigne l’important travail français pour qu’il soit éligible aux financements européens, c’est du côté de la Tech que naît un engouement pour celui-ci. Les datacenters représenteraient, en 2030, près de 11,7 % de la consommation électrique totale des États-Unis, contre 3,7 % en 2023. Des besoins accrus qui ont poussé les GAFAM à s’y intéresser que ce soit en investissant, comme Amazon ou Microsoft, en classant le nucléaire comme une énergie propre, à l’instar d’Apple, ou encore en faisant des déclarations d’intentions comme Meta.
Concurrence
Cet intérêt certain pourrait se heurter à un écueil temporel : la construction de centrales nucléaires prend de longues années, là où les besoins de la Tech et de l’intelligence artificielle sont bien souvent à court terme. Difficile pour le nucléaire de concurrencer la montée en puissance fulgurante des énergies renouvelables qui devraient selon l’Energy Information Administration, en ce qui concerne l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité, générer "plus 20 % d’électricité en plus en 2025 qu’en 2023". L’Agence internationale de l’énergie estime quant à elle que ce sont 5500 GW de capacités renouvelables (solaire, vent, hydroélectricité) additionnelles qui seront ajoutées dans le monde d’ici 2030, contre uniquement 45 GW environ de nouvelle capacité nucléaire.
Chez GSA, on souligne également de nombreuses incertitudes pesant sur l’atome, qu’il s’agisse d’un marché de l’uranium pouvant entrer en recomposition ou d’une compétitivité prix sujette à caution. Le spécialiste du conseil au gouvernement expliquant la difficulté de calculer "le coût actualisé de l’électricité (LCOE, c’est-à-dire prenant en compte l’ensemble des coûts sur la totalité du cycle de vie de la centrale) issue d’une nouvelle centrale nucléaire [qui] dépend de nombreux paramètres : financement, coûts de construction, structure du marché électrique, etc.". Il s’avère ainsi que le "LCOE final varie du simple au double selon les pays, d’après les estimations de l’Agence pour l’énergie nucléaire". Le coût du capital rentrant également en ligne de compte, les surcoûts et les retards de certains projets (Olkiluoto-3, Flamanville, Hinkley Point) pourraient ainsi décourager certains de tenter l’aventure.
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