Publications, Résultats / Saint-Gobain / construction / chiffre d'affaires / Benoit Bazin
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Saint-Gobain / construction / chiffre d'affaires / Benoit Bazin
Saint-Gobain reste bien ancré sur ses appuis / Le groupe a aussi formulé ses propositions pour activer la rénovation énergétique française
Le marché de la construction neuve reste en convalescence, tout particulièrement en Europe. Mais Saint-Gobain résiste encore. Si les 11,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires générés par le géant des matériaux de construction au troisième trimestre de 2024 ont reculé de 2 % sur un an à données comparables, la baisse reste moindre en comparaison à celle de 4,9 % qui avait été enregistrée au titre du premier semestre. Ce qui permet donc au groupe d’observer une amélioration séquentielle de sa croissance interne.
"Je n’aurai qu’un mot pour résumer notre performance : solide. Solide et en ligne avec les attentes", a commenté le président-directeur général de Saint-Gobain, Benoit Bazin, lors de la présentation de la publication. Le résultat d’une rigueur d’exécution et de la réduction de certains coûts de matières premières et d'énergie, ayant permis au groupe de générer un écart prix-coûts positif sur la période et ayant entraîné une stabilité des prix, permettant ainsi de venir pallier des volumes dont le repli est, comme cela avait été anticipé par le groupe, plus marqué.
Stratégie suivie
D’autant que les mouvements stratégiques engagés par Saint-Gobain portent bien leurs fruits. À données réelles, les revenus ressortent quant à eux stables, grâce à un effet de périmètre de 3,4 % qui sera venu compenser des répercussions de change négatives. Qu’il s’agisse de grandes ou de moyennes opérations, elles auront toutes suivi un fil rouge stratégique clair. Soit celui d’optimiser le profil de croissance rentable du leader de la construction durable en se renforçant dans des zones géographiques à forte croissance (comme l’Asie, l’Amérique du Nord et les marchés émergents, qui sont désormais les principaux contributeurs au résultat d’exploitation du groupe), ainsi que sur des segments porteurs, à l’instar de la chimie de la construction.
"Toutes les acquisitions faites récemment s’intègrent bien et nous déployons les synergies attendues", a poursuivi Benoit Bazin, tandis que le groupe aura aussi bénéficié de certaines cessions d’activités, lui permettant de se recentrer sur les axes les plus stratégiques.
Sans (grande) surprise, ce sont donc les Amériques et les solutions de haute performance qui ont présenté les meilleures performances trimestrielles. La première région affiche une croissance interne de 0,8 % de ses ventes, entre une Amérique du Nord stable et une Amérique latine ayant retrouvé une croissance dynamique. La progression des ventes dans le sud de la zone est de 3,7 % au troisième trimestre. Elle a notamment été tirée par un début de reprise au Brésil ou par l’enrichissement de l’offre et du mix dans d’autres pays, comme le Mexique.
Marges de manœuvre
Les solutions de haute performance, dont le chiffre d’affaires a grimpé de 0,7 %, ont aussi marqué une nette amélioration de leur activité par rapport au premier semestre (les ventes avaient alors reculé de 3,5 %). Un segment d’activité ayant quant à lui profité de la poursuite de la croissance du métier de chimie de la construction. La dynamique est en effet marquée : la progression s’affiche à 4,1 %, ceci grâce aux différents projets d’infrastructures et d’innovation pour la décarbonation de la construction. Nul doute que l’acquisition de Fosroc, dont la finalisation est prévue au premier semestre de 2025, marquera une nouvelle accélération du groupe dans la chimie de la construction sur des zones géographiques en forte croissance structurelle, précise Saint-Gobain.
Il faut dire que Fosroc est entre autres particulièrement présent en Inde. Un pays qui aura, une fois de plus, affiché une santé de fer avec une progression des volumes. Mais au total, du fait d’un marché de la construction neuve difficile en Chine, la région Asie-Pacifique aura finalement vu sa croissance interne reculer de 0,9 % au troisième trimestre.
Points bas
Une baisse toutefois moins marquée qu’en Europe. L’activité y a marqué le pas à hauteur de 4,5 % au troisième trimestre. Une nette amélioration par rapport au premier semestre, lors duquel le chiffre d’affaires avait plongé de près de 8 % dans la zone. Mais la variation reflète surtout une situation contrastée entre les pays. Le contexte de la construction neuve reste aussi ralenti, alors que la rénovation (environ 60 % des ventes dans la zone) se porte, de son côté, mieux. Si un certain nombre de pays, notamment en Europe du Nord, s’approchent de leur point bas et qu’il a été touché dans plusieurs pays d’Europe du Sud, la situation française apparaît plus particulière. "La France affiche des indicateurs avancés intéressants, mais quelques trimestres seront encore nécessaires avant d’atteindre le point bas", a prévenu Benoit Bazin.
Autant d’éléments qui n’empêchent pas le groupe de viser, pour la quatrième année consécutive, une marge d’exploitation à deux chiffres en 2024. Et de s’attaquer, aussi, à de grands chantiers dans l’Hexagone. Au début du mois d’octobre, en collaboration avec une vingtaine d’acteurs de l’immobilier, de collectivités, d’associations ou d’organisations professionnelles, Saint-Gobain a en effet réalisé un livre blanc constitué de huit solutions pour accélérer la rénovation du parc immobilier résidentiel français.
Parmi elles : l’apport d’un accompagnement systématique lors de la mutation de maisons individuelles classées "passoires thermiques", la professionnalisation d’une filière de rénovation énergétique à l’échelle régionale ou encore le renforcement de l’information et de la formation des acteurs impliqués dans la rénovation des copropriétés. Un rapport ayant été remis à la nouvelle ministre du Logement Valérie Létard, a souligné Benoit Bazin, alors que la rénovation énergétique des logements français sera nécessaire pour que le pays puisse respecter les Accords de Paris. "Toutes ces rénovations permettront de mieux contrôler les émissions de CO2 et de baisser la facture énergétique des ménages", a rappelé le président-directeur général de Saint-Gobain.
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