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Europe : baisse annuelle quasi-inédite des émissions nettes de gaz à effet de serre / La croissance des renouvelables n’y serait pas pour rien
L’Union européenne (UE) tient le bon bout en matière climatique. Ses émissions nettes de gaz à effet de serre ont reculé de 8,3 % en 2023, d’après un rapport de la Commission européenne. Si l’on exclut la période pandémique (2020), jamais depuis plusieurs décennies une telle chute n’avait été observée.
En conséquence, par rapport à ses niveaux de 1990, les émissions nettes s’affichent en baisse de 37 %. Pour mémoire, alors qu’elle souhaite atteindre la neutralité carbone en 2050, l’UE a pour objectif qu’en 2030 ses émissions nettes s’établissent 55 % en dessous de leur niveau de 1990. "À l’avenir, une réduction des émissions de 134 millions de tonnes en équivalent CO2 (MtCO2-eq) doit être réalisée chaque année d’ici à 2030, en moyenne. Il s’agit d’une réduction légèrement plus importante que la réduction annuelle moyenne d’environ 120 MtCO2-eq observée au cours de la période 2017-2023. Cela nécessitera la mise en œuvre complète du cadre juridique pour 2030 et des flux d’investissement correspondants", indique le rapport d’étape 2024 sur l’action climatique publié par Bruxelles.
"L’UE joue un rôle de premier plan dans le domaine de la transition propre en enregistrant en 2023 une nouvelle réduction notable de ses émissions de gaz à effet de serre. Elle représente aujourd’hui 6 % des émissions mondiales. À l’approche de la COP29, nous démontrons une fois de plus à nos partenaires internationaux qu’il est possible d’agir pour le climat tout en investissant dans la croissance de notre économie", a déclaré Wopke Hoekstra, commissaire européen à l’Action pour le climat
À propos de ce dernier point, alors que d’aucuns avancent que croissance et lutte contre le changement climatique sont antinomiques, il convient de noter que le Produit intérieur brut (PIB) en volume de l’UE a progressé de 68 % depuis 1990 quand ses émissions nettes ont chuté de près de 40 %.
La trajectoire des émissions nettes est "clairement liée" à l’accélération de la transition énergétique, peut-on lire dans le rapport d’étape 2024 sur l’action climatique publié par Bruxelles. Dans le détail, le secteur de l’énergie a été le principal moteur de la baisse record des émissions, les émissions de l’industrie de l’énergie ayant diminué de 18 % (167 MtCO2-eq) par rapport à 2022.
Cette baisse est due à une augmentation substantielle de la production d’électricité renouvelable (principalement éolienne et solaire), au détriment du charbon et du gaz et, dans une moindre mesure, à une diminution de la fourniture d’électricité et de chaleur (-3,1 % et -2,3 % respectivement) par rapport à 2022, ainsi qu’au rétablissement de l’hydroélectricité et de l’énergie nucléaire. Des données préliminaires indiquent que les sources d’énergie renouvelable ont été, pour la première fois avec une marge aussi nette, la première source de production d’électricité (44,7 % contre 32,5 % pour les combustibles fossiles et 22,8 % pour l’énergie nucléaire).
"L’augmentation de la production des énergies renouvelables est principalement due à la quantité considérable de nouvelles capacités solaires et éoliennes installées au cours des deux dernières années, avec de nouveaux records pour l’installation de panneaux solaires photovoltaïques", explique le rapport.
Dans les années à venir, au niveau sectoriel, ce sont les transports, les bâtiments et l’industrie qui posent les plus grands défis en matière de réduction des émissions. Sur la base des résultats de sa modélisation, la Commission s’attend à des réductions d’émissions importantes dans ces secteurs au cours des prochaines années, mais "les projections des États membres ont jusqu’à présent montré peu de progrès ou sont restées bien en deçà des résultats requis". Bruxelles affirme que ces mêmes secteurs seront également confrontés à des défis importants en matière de décarbonation après 2030, mais que les projections actuelles des États membres ne tiennent pas compte de ces défis.
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