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Allemagne / USA / coalition

Implosion pour la coalition gouvernementale allemande / Les libéraux n'en font plus partie

Une ultime journée de négociations n’aura rien changé, les désaccords internes à la coalition au pouvoir en Allemagne ont conduit le chancelier allemand Olaf Scholz à se séparer de son ministre des finances Christian Lindner. Des élections anticipées pourraient être convoquées avec six mois d’avance, en mars prochain, afin de constituer un nouveau gouvernement avant l’été.
Christian Lindner - Photo by Odd ANDERSEN / AFP
Christian Lindner - Photo by Odd ANDERSEN / AFP

"Notre pays a besoin de majorités stables et d’un gouvernement efficace". Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a lancé un appel aux différentes formations politique qui pourrait ne pas être écouté. La fin de la coalition gouvernementale (sociaux-démocrates, libéraux et écologistes) annoncée par Olaf Scholz hier, pourrait en effet obliger le chef de l’Etat à dissoudre le Bundestag dans le cas probable où le gouvernement y perdrait le vote de confiance.

Le chancelier allemand Olaf Scholz vient effet de limoger son ministre des Finances, le libéral Christian Lindner, et d’annoncer qu’il allait demander aux députés début janvier s’ils souhaitaient la convocation d’élections législatives anticipées. Pour expliquer sa décision, le social-démocrate a argué que "trop souvent, il a trahi ma confiance". Un choix qui a entraîné la démission de l’ensemble des ministres libéraux du gouvernement (le seul qui est resté ayant quitté le parti).

 

Reproches mutuels

 

Olaf Scholz a insisté sur le fait que l’Allemagne avait besoin "d’un gouvernement capable d’agir et qui ait la force de prendre les décisions nécessaires pour notre pays", une illustration supplémentaire des difficultés de la coalition gouvernementale à se mettre d’accord sur les questions économiques. Parfois peu loquace, le chancelier s’est cette fois épanché sur les raisons de l’échec de sa collaboration avec son désormais ancien ministre "trop souvent, le ministre Lindner a bloqué des lois de manière inappropriée. Trop souvent, il s’est livré à des tactiques partisanes mesquines".

Plus précisément c’est la question du “schwarze Null” à laquelle il a refusé de déroger. Inscrite dans la constitution depuis 2009, cette règle indique que le budget de l’Etat allemand ne doit pas connaître de déficit public structurel supérieur à 0,35 % . Au sein de la coalition la discipline budgétaire a été attaquée par certains, dont l’écologiste Robert Habeck, ce dernier étant favorable à ce que la priorité soit mise sur les investissements publics et à un financement davantage porté par la dépense que par des coupes budgétaires.

 

Presser le pas

 

La rupture de la coalition est cependant un fait rare en Allemagne et pourrait déboucher sur un budget a minima puisque non adopté par le Parlement. Chez Capital Economics on souligne que cela veut dire qu’il ne pourrait alors y avoir de "nouvelles politiques nécessitant des dépenses supplémentaires ".

Le chef de file des conservateurs CDU-CSU, Friedrich Merz, a pressé Olaf Scholz de céder le pouvoir au plus vite afin de pouvoir organiser des élections dès janvier, arguant que "nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’avoir un gouvernement sans majorité pendant plusieurs mois". Son parti est pour le moment donné en tête des sondages.

Pour l’heure, c’est un proche du chancelier qui a repris le portefeuille des Finances, il s’agit de Jörg Kukies qui était déjà secrétaire d’État à l’Économie, aux Finances et aux Affaires européennes depuis l’arrivée au pouvoir d’Olaf Scholz. Cet ancien banquier d’affaires a œuvré de longues années chez Goldman Sachs avant de répondre à l’appel du Chancelier. Il a depuis notamment contribué à sauver Lufthansa ou encore à lever les réticences allemandes sur l’emprunt européen lié au plan de relance NextGenerationEU.



Inquiétudes

 

L’effondrement de la coalition suscite déjà les craintes de certains observateurs, dont Scope Ratings qui a réagi ce jeudi en soulignant les risques d’une "incapacité du gouvernement allemand à réagir rapidement à certaines des mesures à venir [qui] pourrait accentuer les vulnérabilités structurelles persistantes du pays qui ont ralenti la croissance au cours des deux dernières années". Ce qui se traduit donc par des "risques baissiers importants pour la croissance du PIB de l’Allemagne, qui devrait déjà être faible. Nous estimons que la production économique stagnera à -0,1 % cette année et qu’elle continuera de stagner l’année prochaine, avec une croissance du PIB d’environ 0,1 %, en baisse par rapport à nos prévisions précédentes d’environ 0,9 % pour 2025".

De façon concomitante, le retour au pouvoir de Donald Trump n’est pas pour rassurer l’agence de notation, puisque ses experts soulignent que l’an passé, ce sont près de 10 % des exportations allemandes qui étaient destinées aux États-Unis, soit la plus importante proportion en plus de deux décennies. L’agenda protectionniste porté par le candidat républicain pourrait bien les pénaliser considérablement. Une conviction partagée par les équipes de Capital Economics, ces dernières considérant que la nouvelle coalition au pouvoir "pourrait être plus stable et fonctionnelle que la coalition sortante, mais serait confrontée aux mêmes contraintes et défis ainsi qu’à un gouvernement américain plus protectionniste".

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