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républicains; déficit; traditionnels

Macro-économie / Taux / USA / Etats-Unis / Budget

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USA / Etats-Unis / Budget

La question du déficit fédéral reste entière après la victoire de Donald Trump / Son retour au Bureau ovale devrait s’accompagner de réductions d’impôts

Les victoires successives des républicains qu’elles soient pour la présidence, le Sénat ou la Chambre des représentants laissent augurer que le débat au Congrès sur la dette fédérale en sera simplifié, en janvier prochain. Pour autant, chez Fitch Ratings on considère qu’il existe des risques supplémentaires pour le déficit au cours des années à venir.  
Capitole. Photo by Aashish Kiphayet / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Capitole. Photo by Aashish Kiphayet / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Chez l’un des géants de la notation qu’est Fitch Ratings, on considère l’argumentaire de campagne de Donald Trump le plus sérieusement du monde tant leurs conséquences seraient grandes pour l’économie américaine. C’est ce qu’explique Richard Francis, Co-Head of the America’s Sovereigns Rating Group chez Fitch Ratings, qui rappelle que " Trump a également appelé à d’autres réductions importantes du taux d’imposition des sociétés à 15 % par rapport aux 21 % actuels (les recettes de l’exercice 24 équivalaient à 1,8 % du PIB) " ou encore qu’il " s’est également engagé à exonérer certains types de revenus de l’impôt, y compris la rémunération des heures supplémentaires, les pourboires et les prestations de sécurité sociale".

Autant de mesures susceptibles d’ajouter aux pressions sur le déficit. Il se fait l’écho que "les rendements du Trésor à 10 ans ont augmenté de près de 80 points de base depuis septembre, malgré une réduction de 50 points de base du taux des fonds fédéraux le même mois ". Les paiements d’intérêts occupent désormais une part plus grande du budget que les dépenses de défense. Il existerait dès lors une seule façon de faire en sorte de ne pas augmenter le déficit : procéder à des hausses de recettes ou bien à des baisses de dépense.


Convaincre

 

Donald Trump n’a pas pour autant les mains libres sur la question du déficit. Gilles Moëc, chef économiste du groupe AXA et responsable de la recherche d’AXA IM, nous confiant qu’il " existe à la Chambre des représentants un certain nombre de républicains traditionnels, parmi lesquels on a des tenants d’une bonne maîtrise des comptes publics. Cette frange de la majorité au pouvoir pourrait freiner les ambitions dépensières de Donald Trump". Pourtant il ne cache pas que "des ressources tirées des droits de douane présentées comme finançant des baisses d’impôts, et non pas uniquement comme punissant la Chine, pourraient rendre plus compliqué la résistance de ces républicains à la hausse du déficit". .

Richard Francis rappelle que ces tarifs douaniers devraient vraisemblablement engendrer une croissance économique moindre. Leur impact pourrait être modéré par la baisse de la fiscalité sur les sociétés.

Pour l’heure, les attentes pour "une augmentation constante du ratio dette publique/PIB à 122 % en 2026, contre 115 % cette année sont d’environ 1,5 point de pourcentage plus élevées que nos hypothèses de base au moment de la dégradation par Fitch Ratings de la note souveraine américaine", note l'agence américaine. Pour autant, celle-ci table sur un "déficit des administrations publiques [qui] reste largement inchangé en 2025-2026 par rapport à environ 7,6 % du PIB en 2024". Peu importe le sort de l’élection, ses prévisions tablaient sur un résultat budgétaire global peu ou prou similaire.

 

Projeter

 

Les critères de la notation souveraine ont quant à eux été répétés par le mastodonte américain. Y figure comme un "moteur clé" la question de la dette des administrations publiques. Un autre point important également évoqué par Richard Francis est celui de la gouvernance et de la possibilité de voir la cohérence et la crédibilité des politiques diminuer "d’une manière qui sape le statut de réserve du dollar et limite la flexibilité financière du gouvernement". Une hypothèse loin d’être centrale mais pouvant affecter négativement la notation.

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