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demande; consommation; hausse

Macro-économie / Taux / AIE / pétrole / OPEP

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AIE / pétrole / OPEP

Une offre excédentaire d’or noir devient crédible / L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche est loin d’en être l’unique raison

Entre l’Agence internationale de l’énergie et l’organisation des pays producteurs (AIE) de pétrole (Opep) le différentiel de prévision est toujours aussi conséquent : là où l’Opep s’attend à une hausse de la demande de l’ordre de 1,82 million de barils par jour (bj) en 2024, c’est uniquement une hausse de 920 000 bj qui est attendue par l’AIE. Cependant le Cartel a révisé à la baisse ses chiffres pour le quatrième mois de suite, là où l’autre prévisionniste de référence les a au contraire ajustés à la hausse. Pas de quoi cependant empêcher ce dernier d’évoquer une offre excédentaire à attendre pour 2025.
Donald Trump futur président des États-Unis aux côtés de Doug Burgum qu'il a choisi comme ministre de l'Intérieur.  Photo by LEON NEAL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Donald Trump futur président des États-Unis aux côtés de Doug Burgum qu'il a choisi comme ministre de l'Intérieur. Photo by LEON NEAL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Un gouverneur d’un État pétrolier désigné pour gérer les terres fédérales. Difficile de faire plus clair que la nomination par Donald Trump de Doug Burgum à la tête du département de l’Intérieur. Un choix à même d’augmenter la production pétrolière aux États-Unis, puisqu’elle est actuellement effectuée à près d’un quart sur des possessions fédérales.

Pourtant, le marché ne semble pas avoir besoin d’être le 20 janvier, date de début du second mandat de Donald Trump, pour tabler sur une offre conséquente de pétrole l’année prochaine. C’est notamment le cas de l’Agence internationale de l’énergie dont les données récentes "suggèrent que même si les réductions de l’OPEP + restent en place, l’offre mondiale dépassera la demande de plus de 1 million de barils par jour l’année prochaine".

 

Aléas

 

Le paysage décrit par l’institution comporte néanmoins des risques d’approvisionnement omniprésents, ce qui lui fait voir d’un bon œil un "équilibre plus souple [qui] apporterait une stabilité bien nécessaire à un marché bouleversé par la pandémie de Covid, l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie et, plus récemment, l’aggravation des troubles au Moyen-Orient". John Plassard, analyste chez Mirabaud, notait d’ailleurs ce matin des conséquences immédiates des annonces des prévisionnistes ; il relevait que "les contrats à terme sur le pétrole brut WTI ont fini sans réelle tendance hier soir, s’acheminant vers une perte hebdomadaire et mettant fin à trois semaines consécutives de gains, en raison des inquiétudes concernant le marché mondial du pétrole qui pourrait devenir excédentaire".

Ce ne sont pas les chiffres chinois qui devraient les faire changer d’avis, la demande s’y est contractée lors de six mois d’affilée. A contrario, c’est la croissance de la demande de pétrole en provenance des économies avancées, qui progresse de 230 000 barils par jours (bj) en glissement annuel au 3e trimestre. Loin d’arriver à contenir les pressions baissières sur le baril qui ne sont pas liées uniquement à la méforme de certaines économies, puisque l’augmentation des capacités de production en énergies renouvelables contribue à diminuer le besoin en énergies fossiles.

 

Forer encore et encore

 

Un équilibre déjà précaire dans lequel arrive Donald Trump avec des ambitions annoncées pour la production pétrolière. Chez l’AIE on continue à prévoir que " les États-Unis seront à l’origine d’une croissance de l’offre hors Opep + de 1,5 million de bj en 2024 et 2025", auxquels s’ajouterait une augmentation probable de la production du Canada, du Guyana et de l’Argentine ou encore du Brésil. À eux cinq, ces producteurs américains feraient "plus que couvrir la croissance attendue de la demande en 2024 et 2025".

Les choix de Donald Trump seront certes peut-être forts en termes de politique énergétique et desserviront peut-être les économies renouvelables. Pour autant, chez John Plassard, on souligne également que le nouveau président aura également un impact sur l’évolution du prix de l’énergie de façon indirecte. Il considère notamment qu’affaiblir la croissance chinoise à travers des barrières tarifaires "pourrait avoir un impact sur la consommation de pétrole (la Chine est le premier consommateur mondial d’or noir) ".

Le rôle d’Elon Musk sera également important, tant au vu de ses liens avec la Chine dont nous nous faisions l’écho récemment que par son prisme favorable aux énergies renouvelables. Du côté de l’analyste chez Mirabaud on considère qu’il pourrait bel et bien " encourager des initiatives énergétiques plus durables".

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