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France : les investisseurs étrangers appuieraient sur la pédale de frein / Un sur deux aurait réduit ou reporté ses projets depuis juin
La France perdra-t-elle bientôt sa première place européenne en matière de destination des investissements étrangers ? C’est ce qu’on peut se demander à la lecture du dernier baromètre d’EY sur la question. Le cabinet de conseil a sondé 200 investisseurs étrangers en octobre, provenant de 25 pays, en vue de mesurer les retombées de l’évolution de la situation politique française sur leurs projets dans l’Hexagone.
De cette enquête il ressort que près de la moitié des investisseurs étrangers en France (49%) déclarent avoir réduit ou reporté leurs investissements à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale s’étant déroulée en juin. Aucune entreprise n'a toutefois annulé ses projets.
En cause ? "En premier lieu, les incertitudes législatives et réglementaires (59% de taux d’inquiétude) et la difficulté de bâtir des business plans", souligne le cabinet. En outre, le ralentissement des réformes jouerait un rôle pour 47% d’entre eux (simplification administrative, retraites, réindustrialisation, etc.) tandis que la remise en question des décisions publiques dans des secteurs clés est une raison citée par 40% des investisseurs interrogés. "Puis viennent des préoccupations sur la situation budgétaire et économique du pays et le coût du travail (entre 20 et 30%) ", rapporte le baromètre.
Pour ce qui est de leurs perspectives d’investissement entre 2025 et 2027, plus de 60% des sondés prévoient de développer des activités de R&D ou de services en France. En revanche, dans l’hypothèse d’implantation ou d’extension d’usines, ces intentions à 3 ans sont inférieures (49%). Enfin, à peine 15% envisagent de développer des centres de décision en France.
D’après le baromètre, c’est le Royaume-Uni qui pourrait profiter de ces déboires français. En effet, "42% des dirigeants jugent que, depuis 6 mois, le Royaume-Uni a gagné en attractivité par rapport à la France (vs. 29% qui pensent le contraire), en dépit de ses propres évolutions politiques et de l’augmentation de la pression fiscale", peut-on lire.
Les investisseurs identifient plusieurs conditions au maintien de leurs projets en France. D'une part, ils plaident pour "préserver les marqueurs d’une fiscalité déjà élevée et limiter l’ampleur des ajustements du projet de loi de finances pour maintenir l’effet de levier des entreprises étrangères sur l’emploi, l’innovation et les exportation, conditionner toute augmentation des prélèvements à une optimisation de la dépense publique qui implique l’État, les opérateurs publics, les collectivités et les administrations sociales".
Par ailleurs, ils jugent qu'il faudrait "déployer les réformes ou propositions de lois prévues (Simplification, Industrie Verte II), réduire les délais et libérer du foncier, rassurer les entreprises sur les moyens de France 2030, soutenir les recommandations du Rapport Draghi, simplifier et amplifier les dispositifs de cofinancement de la décarbonation, comme le fait l’Inflation Reduction Act, et donner plus de visibilité aux investisseurs dans les domaines de l’énergie et de la décarbonation". Enfin, il serait nécessaire de "renforcer l’accompagnement des PME/ETI dans la transformation numérique et la formation, soutenir l’innovation et l’IA en améliorant les incitations à la recherche et à l'innovation de rupture".
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