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Sur les marchés / CAC 40 / décrochage boursier / AMF

Sur les marchés
CAC 40 / décrochage boursier / AMF

Les décrochages boursiers émergent au sein du CAC 40 / Faut-il s’inquiéter du phénomène ?

Alors que le marché parisien évoluait l’an passé à des niveaux proches de ses records, certaines des valeurs du CAC 40 ont connu des variations de cours spectaculaires. Un phénomène qui reste néanmoins rare, selon une étude de l’Autorité des marchés financiers.
CAC 40 (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
CAC 40 (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Les jours se suivent et sont loin de se ressembler pour les valeurs de l’indice phare parisien. Alors que le CAC 40 a évolué, l’an passé, à des niveaux proches de ses records, certains titres ont néanmoins connu des baisses spectaculaires au cours de ses derniers mois, à l’instar d’Alstom ou de Worldline, parfois même avec des variations de cours négatives records par rapport à la clôture de la veille. Un phénomène sur lequel s’est penchée l’Autorité des marchés boursiers (AMF). "Les chutes de cours supérieures à 10 % (close to close) ont été plus fréquentes pour les valeurs du CAC40 en 2023 par rapport aux années précédentes (à l’exception du début de la crise sanitaire en 2020). Encore plus récemment, certaines publications de chiffres semestriels ont également été accueillies très froidement par le marché (Edenred, STMicroelectronics). Par ailleurs, l’évolution des variations journalières des valeurs du CAC40 depuis 2013 met également en évidence une amplitude plus marquée qu’auparavant pour ces variations négatives importantes", constate le gendarme boursier qui entrevoit l’émergence de "décrochages boursiers", et ce dans un contexte général de volatilité relativement faible.

Un phénomène, de survenance encore rare, selon l’AMF, n’est cependant pas propre au marché parisien, et la croissance de sa fréquence est également perceptible ailleurs en Europe et aux Etats-Unis.

Pour en comprendre les causes, le gendarme boursier a tout d’abord étudié le comportement des différents intervenants sur le marché parmi lesquels les vendeurs à découvert, les sociétés de gestion et les investisseurs individuels. "Il apparaît tout d’abord que l’intervention des vendeurs à découvert peut favoriser la persistance sur le moyen terme de la baisse des titres concernés, mais ne semble pas en revanche un facteur explicatif de la violence des décrochages", en conclut l’AMF. Autre tendance observée : au moment des décrochages boursiers de 2023, les sociétés de gestion auraient adopté une position nettement vendeuse, tandis que les investisseurs particuliers étaient quant à eux globalement acheteurs pendant la chute des titres, contribuant ainsi à l’amortir, note le régulateur.

Elle s’est alors intéressée aux publications financières, et a remarqué qu’en 2023, les ratios cours-bénéfices estimés par action en France, comme aux Etats-Unis, sont revenus à des niveaux proches de plus hauts historiques. En conséquence, les mauvaises nouvelles, comme la publication de résultats financiers jugés décevants, ont pu être davantage sanctionnées par le marché. "De plus, depuis quelques années, la surperformance d’un petit groupe de valeurs, comme les "Magnificent Seven" aux États-Unis et les "Granolas" en Europe, met également en évidence une décorrélation plus forte des titres au sein d’un même indice, augmentant ainsi le risque de décrochage par le biais de la croissance du risque idiosyncratique", estime l’AMF.

Enfin, d’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte pour expliquer de tels décrochages, comme le contexte de taux élevés en 2023 par exemple, qui a pu favoriser une réallocation des capitaux vers d’autres actifs ; le rôle croissant de certains hedge funds ; le développement de la gestion passive au détriment de la gestion active, ou encore, les écarts entre le consensus d’analystes et les surprises par rapport aux guidances lors des publications financières d’entreprises. "Au regard des différents facteurs évoqués, la poursuite de ce phénomène de décrochages n’est pas à exclure et demeure un sujet d’attention. Des évènements majeurs sont néanmoins susceptibles d’affecter le marché dans son ensemble (crise politique, choc géopolitique) et de passer au premier plan ", prévient l’AMF.

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