Entreprises / Actions / Unicredit / Banco BPM
Entreprises / Actions
Unicredit / Banco BPM
UniCredit ouvre un nouveau chapitre de la consolidation bancaire en Europe / Une offre à 10,1 milliards d’euros pour Banco BPM
Le doute n’est guère plus permis : la consolidation du secteur bancaire européen est bel et bien amorcée. Après l’OPA hostile de BBVA sur Sabadell en Espagne, l’annonce du rachat de Banco BPM par UniCredit en Italie vient confirmer les velléités croissantes de certains grands établissements européens de renforcer leur taille. UniCredit a lancé lundi une offre publique d’échange sur Banco BPM, valorisant chaque action de cette dernière à 6,66 euros, soit une valorisation globale de 10,1 milliards d’euros.
L’enjeu est connu et devient de plus en plus sensible. Il s’agit, comme le soulignait dès mai dernier François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, "d'amener notre puissance financière à la hauteur de notre puissance économique et de notre capacité d'épargne". Depuis, tant la Banque centrale européenne (BCE) que le Fonds monétaire international (FMI) ont renforcé ce message, sans ambiguïté. Fin octobre, ce dernier estimait que les fusions bancaires étaient " nécessaires pour la compétitivité européenne face aux pressions mondiales". Des propos qui résonnent avec d'autant plus d'acuité que Donald Trump s’apprête à revenir à la Maison Blanche en janvier prochain.
"L’Europe a besoin de banques plus fortes"
Andrea Orcel, directeur général d’UniCredit, ne dit pas autre chose : "L'Europe a besoin de banques plus fortes et plus grandes pour développer son économie et rivaliser avec les autres grands blocs économiques. Grâce au travail accompli au cours des trois dernières années, UniCredit est aujourd'hui bien placée pour relever ce défi", a-t-il déclaré lundi à l’occasion du lancement de l’offre sur Banco BPM.
Dans ce domaine, les entreprises ont certes moins d’appréhension que les politiques. En témoigne le raid d’UniCredit sur le capital de Commerzbank, qui a provoqué une levée de boucliers en Allemagne. La prise de participation a été perçue comme une tentative d'influence étrangère sur une institution financière emblématique, relançant les débats sur la souveraineté économique et la protection des banques nationales.
Les fusions transfrontalières restent rares dans la zone euro, freinées par des obstacles réglementaires, fiscaux et culturels. Ce n’est donc pas un hasard si la consolidation se concentre encore largement à l’intérieur des frontières nationales, comme en Espagne pour BBVA et Sabadell, ou en Italie pour UniCredit et Banco BPM.
Avec Banco BPM, UniCredit renforce sa position de numéro deux en Italie, derrière Intesa Sanpaolo. L’opération porte sa part de marché dans les crédits de 9 % à 15 % et dans les dépôts de 9 % à 14 %, tout en misant sur une forte complémentarité géographique et client. Le calendrier est ambitieux : UniCredit prévoit de finaliser le rachat d’ici juin prochain, avec une intégration complète en 12 mois et des synergies opérationnelles en deux ans.
900 millions d’euros de synergies de coûts
Dans l’équation financière figurent ainsi des synergies estimées à 900 millions d’euros par an sur les coûts et 300 millions sur les revenus, pour des charges d'intégration d'environ 2 milliards d'euros d'au cours de la première année, et des provisions supplémentaires pour pertes sur prêts d'au moins 0,8 milliard d'euros.
Logiquement, Unicredit ne mènera pas de front cette intégration et la poursuite de son offensive sur Commerzbank, mais pourrait très bien revenir à la charge une fois Banco BPM absorbé, soit en 2026. A ce sujet Andrea Orcel a en effet expliqué lundi aux analystes que les deux opérations se feraient de manière séquentielle, d’abord en se focalisant sur Banco BPM puis ensuite sur Commerzbank, précisant néanmoins que la participation dans Commerzbank était un " investissement financier ".
Alors que le paysage bancaire européen se transforme, l’attention pourrait bientôt se tourner vers la France. Depuis la vente de Bank of the West, BNP Paribas dispose d’une puissance de feu considérable, et l’on se souvient qu’il y a deux ans, des rumeurs évoquaient son intérêt pour la néerlandaise ABN Amro.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

