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Macro-économie / Taux / Conseil d'analyse économique / croissance / PIB / inégalités

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Conseil d'analyse économique / croissance / PIB / inégalités

Des inégalités salariales qui pénalisent la croissance française / Celles entre les hommes et les femmes tendent à stagner

Faute de résorber les écarts entre les hommes et les femmes concernant les revenus du travail, la France en supporte le coût économique. Une étude du Conseil d’analyse économique (CAE) chiffre cet impact à près d’une dizaine de points de PIB. De plus, ces travaux arguent que la participation des femmes au marché du travail n’a pas progressé depuis près de 15 ans, contribuant à en aggraver les coûts.
France Travail. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
France Travail. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un précieux potentiel de croissance pourtant galvaudé. Le Produit intérieur brut (PIB) hexagonal gagnerait à ce que les inégalités salariales hommes femmes diminuent, c’est le constat posé par une étude du Conseil d’analyse économique (CAE) cette semaine. Elle considère en effet qu’il se pose la question d’un gaspillage des compétences.

Pour étayer leur constat, Emmanuelle Auriol, Camille Landais et Nina Roussille, auteurs de l'étude, s’appuient sur des données américaines. Celles-ci avancent que " ces effets d’allocations sont massifs : depuis 50 ans, près de 40 % de la croissance du PIB par habitant s’expliquent, selon eux, par la meilleure allocation des talents engendrée par la hausse de participation des femmes et des minorités ethniques au marché du travail ". La stagnation de cette dynamique dans l’Hexagone priverait donc le pays d’une partie de sa croissance potentielle.

 

Taille

 

Il faut dire qu’avec des revenus du travail qui pèsent pour près de deux tiers du PIB, la moindre inefficience sur ce marché se répercutera logiquement de façon conséquente. Les trois économistes en concluent que bien des femmes "hautement qualifiées se trouvent souvent assignées à des tâches domestiques, alors même que leurs compétences seraient mieux employées" ailleurs dans l’économie. Ils évoquent non seulement des dommages au niveau individuel, mais également un gaspillage qui grève "le potentiel de développement économique global de la France".

La dizaine de points de points PIB induite à leurs yeux résulte d’un écart de près de 30 % entre les hommes et les femmes concernant les revenus du travail. Le coût en terme de productivité est donc considérable, et devant l’absence d’altération du phénomène récemment, il faudrait donc procéder à une batterie de réformes pour espérer changer la donne.

 

Manifeste



C’est peu dire que toutes les suggestions des auteurs ne susciteront pas l’approbation de tous, le caractère radical de la démarche étant assumé puisqu’il est affirmé que "les recommandations que nous formulons ne sont ni un catalogue ni un menu dans lequel on pourrait venir piocher, mais, au contraire, doivent être mises en place conjointement pour être efficaces ". Pour chapeauter cet ensemble, il faudrait instaurer " un plan d’action interministériel couvrant à la fois l’éducation, la carrière et la parentalité",  tout en établissant un comité de suivi opérationnel "en charge de sa mise en œuvre et prévoir une évaluation des différentes mesures".

Certaines devraient réunir un consensus puisqu’elles tiennent à allouer davantage de ressources telle que la mise en place "d’un plan ambitieux, avec des objectifs chiffrés, pour augmenter la représentation des filles dans les filières scientifiques", ou visent à "porter la durée du congé paternité à 10 semaines, dont 6 obligatoires " via  une suppression d’un jour de congé ou d’un jour férié qui réunirait le financement nécessaire.

Une autre recommandation fâchera ceux qui tirent profit de l’opacité du marché du travail, puisqu’elle s’appuie sur des  "réformes obligeant les entreprises à fournir des fourchettes de salaires dans les offres d’emploi [qui] ont récemment été mises en œuvre dans des États américains comme la Californie, le Colorado ou New York, ainsi qu’en Europe, notamment en Autriche et en Slovaquie. Plusieurs études ont démontré l’impact positif de ces politiques sur le dynamisme du marché du travail. En Slovaquie, par exemple, la concurrence accrue pour les travailleurs a conduit à des augmentations de salaire d’environ 3 %". L’obligation suggérée d’indiquer les rémunérations publiquement dans les offres d’emploi vise à aller dans ce sens.

La dernière suggestion est sans doute celle qui soulèvera le plus de levées de boucliers puisqu’il y est question d’une plus grande contrainte des politiques de quotas touchant aux postes exécutifs et d’encadrement.

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