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Monopsone; PAC ; mesures

Macro-économie / Taux / prix planchers / Institut des politiques publiques / Matières premières

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Des prix planchers loin d’être un outil miracle / Une efficacité cantonnée à certains cas d’usage

L’instauration de prix planchers sur certaines matières premières a beau parfois être plébiscitée par tout ou une partie de la classe politique, elle ne résiste pas à l’étude que lui consacre l’Institut des Politiques Publiques. Les travaux réalisés par plusieurs de ses membres révèlent qu’elle est pertinente, dans le cas où les producteurs font face à des acheteurs à même d’imposer un prix d’achat inférieur à celui concurrentiel.
Citerne de lait. Photo by Frederic Petry / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Citerne de lait. Photo by Frederic Petry / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Volonté présidentielle lors du dernier salon de l’agriculture, l’idée de prix planchers aura fait long feu. Pensée pour calmer la colère du monde agricole, la lecture de la note qu’y consacre l’Institut des politiques publiques semble aujourd’hui condamner une utilisation généralisée de ce procédé. C’est plutôt l’existence ou non d’un monopsone qui doit prévaloir à son instauration.

Une situation caractérisée comme étant celle où des acheteurs sont "capables d’imposer un prix inférieur au prix concurrentiel", alors l’apparition d’un prix plancher qui soit à la fois supérieur à celui prévalant par le passé et inférieur au niveau considéré comme concurrentiel est pertinent. Les deux auteurs jugent dès lors que cela peut "conduire à une meilleure rémunération des agriculteurs sans nuire aux consommateurs, via une réduction des marges des industriels et des distributeurs".

 

Pas de miracle

 

Ainsi cette mesure ne semble pas pouvoir être applicable dans l’ensemble de l’économie dans la mesure où "le pouvoir de monopsone n’est pas nécessairement présent dans toutes les filières". La publication considère que " sur les marges des industriels laitiers français (filière lait de vache non-labellisé biologique ou AOP) pour la période 2003-2018, nous montrons que les industriels laitiers exercent, en moyenne, du pouvoir de monopsone à l’achat de lait cru. Un examen approfondi de la situation dans les autres filières est nécessaire."

Une mise en place seule est également loin de pouvoir résoudre l’ensemble des problématiques de l’agroalimentaire, la pertinence de son introduction est d’autant plus grande qu’elle est associée avec d’autres mesures. Parmi celles pouvant soutenir l’offre agricole on retrouve pêle-mêle des subventions, des dispositifs assurantiels ou encore la politique commerciale.

 

Domino

 

Des effets structurants pourraient également survenir, on n’exclut pas du côté des auteurs qu’un prix plancher puisse "en pratique conduire à une augmentation des prix payés par les consommateurs, toutefois modérée par la compression des marges des industriels et distributeurs". Les industriels seraient impactés et tout particulièrement la viabilité de ceux les moins efficaces serait remise en cause, de quoi conduire potentiellement à une concentration de cette filière. Ce qui renforcerait le poids des acteurs restants et ce vis-à-vis des consommateurs notamment.

D’autres propositions pourraient avoir des effets moins consensuels, celle d’un prix plancher indexé sur le cours des ingrédients laitiers est proposée. Il s’avère qu’avec son instauration il s’avérerait que le "prix du lait cru serait plus élevé en moyenne", cependant les éleveurs pourraient dès lors "être exposés à des variations de revenus plus fortes, justifiant des dispositifs de lissage ".

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