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Politique monétaire / Fed / Jerome Powell / Donald Trump

Politique monétaire
Fed / Jerome Powell / Donald Trump

La guerre personnelle Donald Trump contre Jerome Powell

Une fois de plus, le Président américain a critiqué la hausse des taux par la Fed, et montre qu'il a commis une erreur en choisissant un pragmatique à sa tête. Il en fait une histoire personnelle, car est persuadé que la Réserve Fédérale ruine les efforts de son administration.
Donald Trump
Donald Trump

Les prédécesseurs de Donald Trump avaient été discrets dans leurs tentatives de mettre la pression sur la Fed, comme lorsque Ronald Reagan avait convoqué Paul Volcker en 1984 dans la bibliothèque de la Maison Blanche – qui n'était pas sur écoute – pour lui demander de ne pas relever les taux avant les élections. Mais fidèle à son style, le Président américain a une nouvelle fois tenu à critiquer ouvertement la politique de resserrement monétaire de la Fed, dans une interview au Wall Street Journal. Après avoir déclaré que la banque centrale américaine était "devenue folle" il y a deux semaines, il a expliqué cette fois : "A chaque fois que nous faisons quelque chose de génial, il augmente les taux" et "c’est comme s’il était content de monter les taux" en référence à Jerome Powell.

Donald Trump a fait de la politique monétaire un cheval de bataille personnel, comme si elle ne dépendait que des effets des réformes de son administration. Comme le relate le journal américain, il parle des chiffres du chômage ou de la croissance comme "mes chiffres", "j’ai une économie chaude" et pointe du doigt le fait que Barack Obama lui n’a eu aucune hausse de taux de son vivant. On voit bien là le manque de cohérence d’un homme qui veut s’attribuer les lauriers de la croissance économique, mais ne tolère pas les garde-fous de cette croissance, à savoir la hausse du prix de l’argent.

Au lieu de voir les hausses de taux de la Fed comme une conséquence directe de sa politique pro-cyclique, Donald Trump est lui-même convaincu que celle-ci représente le principal danger pour l’économie américaine car "les taux d’intérêt sont relevés trop vite". Certes, le rythme du resserrement monétaire est actif, avec déjà trois hausses de taux cette année et une dernière en ligne de mire en décembre prochain. Jerome Powell a choisi de retirer le mot "accommodant" des minutes de la Fed, mais aussi de programmer une conférence de presse à chaque réunion de politique monétaire, afin de se réserver autant de marges de manœuvre nécessaires, que ce soit une accélération ou une pause dans les hausses de taux.

Or, c’est bien ce qui rend Donald Trump furieux, car il se rend compte qu’il n’a aucune prise sur la politique monétaire, même s’il a accédé à la fonction suprême. Surtout, il a fait une erreur stratégique en nommant un pragmatique, premier non économiste à occuper le poste de président de la Fed. Sa prédécesseur Janet Yellen était encore plus attachée aux données, et susceptible de laisser les taux inchangés dès qu’un doute subsistait sur l’état de l’économie ou un risque de marché. Le Président américain prend pour sanction personnelle la hausse des taux, alors que Barack Obama, qui a gouverné pendant la plus grave crise depuis 1929, a quant à lui bénéficié de taux historiquement bas. C’est faire fi du challenge économique sans précédent qui l'a accompagné. Mais c’est aussi une cause perdue, qui ne fait que montrer au grand jour son impuissance.

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