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Macro-économie / Taux / pétrole / Arabie saoudite

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pétrole / Arabie saoudite

Pétrole : l'Arabie saoudite contre-attaque

Après avoir fait profil bas en octobre sous la pression des États-Unis le royaume a fait volte-face et annoncé une contraction de sa production pétrolière. Pour quelles raisons ?
Pétrole Iranien Iran
Pétrole Iranien Iran

Après avoir baissé de plus de 20 % en un mois, passant de 86,7 dollars le 3 octobre à 69,13 dollars le 9 novembre dernier, le baril de Brent était en hausse de près de 2 % aujourd'hui en raison de la volte-face de l'Arabie saoudite. Le royaume wahhabite a effectivement annoncé hier qu'il réduirait sa production de pétrole de 500.000 barils par jour à partir de décembre. Et ce matin, le ministre de l'Énergie saoudien Khaled al-Faleh a enfoncé le clou en déclarant qu'il faudrait réduire l'offre globale d'un million de barils par jour, afin de rétablir l'équilibre sur les marchés. 

Un tournant à 90 degrés dans le discours de l'Arabie saoudite, qui, tout le mois d'octobre, a affirmé qu'elle se tiendrait prête à accroître sa production de pétrole pour compenser la réduction de celle de l'Iran, après le rétablissement des sanctions américaines. Sachant que dans le même temps, les États-Unis ont finalement exempté pour six mois supplémentaires les principaux États acheteurs de pétrole iranien. Du coup, le cours du pétrole, malgré les anticipations de marché du rétablissement des sanctions a reculé de 20 % en octobre.  

Le discours tenu par l'Arabie saoudite pendant le mois d'octobre résulte aussi de la pression exercée par le Président Donald Trump dans le cadre de l'affaire de l'assassinat du journaliste Jamal Khasoggi. "Le royaume a affirmé qu'il était prêt à accroître sa production dans un contexte de pression politique intense, avec la mort du journaliste. La pression est redescendue d'un cran depuis et les prix sont passés sous les 70 dollars le baril", explique Harry Tchilinguirian, responsable matières premières chez BNP Paribas à Londres. Selon lui, l'échéance des midterms étant désormais passée, et Donald Trump ayant obtenu ce qu'il voulait, à savoir une réduction du prix à la pompe, l'Arabie saoudite a davantage de marge de manœuvre pour reprendre le contrôle du marché du pétrole. 

Le changement de ton adopté ce week-end est d'autant plus marquant que le ministre de l'Énergie russe a de son côté affirmé que sa production pétrolière diminuerait de 10.000 barils par jour ce mois-ci par rapport à octobre. Preuve que les pays producteurs de l'OPEP devraient continuer d'œuvrer de manière coordonnée, afin de respecter leur engagement de novembre 2016 (lors duquel ils avaient décidé de limiter la production mondiale à 23,5 millions de barils par jour). "Il n'est en réalité pas très étonnant que l'Arabie saoudite ait fait de telles déclarations hier. Déjà, dans le communiqué de septembre, passé inaperçu, les pays avaient annoncé que vu les changements macroéconomiques, ils se tiendraient prêts à agir. Ensuite, il est très fréquent que les États membres de l'OPEP, préparent les marchés en amont de leur réunion", affirme Harry Tchilinguirian. Or les pays producteurs se réunissent dans un peu moins d'un mois, le 6 décembre à Vienne, pour discuter de leur stratégie.

Quels changements macroéconomiques nécessiteraient un rééquilibrage offre/demande de pétrole ? Une hausse de la production de schiste américain à partir du second trimestre 2019 tout d'abord, une fois que les contraintes logistiques dans le bassin permien seront résolues. Mais également un rétablissement des sanctions américaines en Iran pour l'instant plus modéré que prévu et donc une réduction de l'offre iranienne moins importante. "La réduction de la production iranienne ne devrait survenir qu'à la fin du second trimestre 2019. [...] L'OPEP fera tout pour éviter l'émergence d'un surplus d'inventaires, comme ce fut le cas en 2014-2015", conclut Harry Tchilinguirian. 

 

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