Macro-économie / Taux / Gilets jaunes / Angela Merkel
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Gilets jaunes / Angela Merkel
"En marche arrière" !
"La situation en France s'aggrave", affirme le Handelsblatt ce vendredi matin. "Un gouvernement impuissant fait face à des manifestations incontrôlables sur la durée", résume le quotidien qui parle aussi d'un pays souffrant d'une "fièvre jaune" depuis mi-novembre, à propos du mouvement des gilets jaunes qui secoue l'Hexagone. "Le mouvement se radicalise : pour être au premier plan, les représentants des militants comme Eric Drouet appellent à une sorte de bataille décisive à Paris ce week-end."
Le Bild, jamais dans la demi-mesure, affirme que "les révolutionnaires forcent Macron à se mettre à genoux". "Malgré les concessions, la police se prépare à un nouveau week-end de chaos", prévient le quotidien. Le Spiegel pour sa part évoque les forces de l'ordre qui se préparent pour "la bataille de Paris", ce samedi. "Près de 90.000 forces de sécurité mobilisées, Paris ferme la tour Eiffel et ses musées : la France est menacée d'un nouveau week-end de violences. Le nombre de mécontents qui rejoignent les gilets jaunes est en augmentation constante."
"En marche arrière", titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung dans un article d'analyse. "Les souhaits de réforme en France sont en recul, le jeune Président a rapidement désenchanté." "Combien de fois ne s'est-on pas plaint qu'il n'y avait pas de réponse concrète de l'Allemagne aux nombreuses propositions de réformes de l'UE du Président français ? poursuit le quotidien. L'attaque était justifiée. Mais maintenant, le délai risque d'être dépassé. Sous la pression de violentes manifestations (et d'hostilités envers sa personne) Macron fait marche arrière. [..] On peut supposer que sur d'autres domaines, comme l'éducation, sa volonté de réponse va nettement diminuer. Il est certes exagéré, après un an et demi, de considérer Macron comme un "canard boiteux". Et Pourtant, le jeune Président a désenchanté rapidement. Dans quelle mesure pourra-t-il agir à l'avenir ? Et sur quels sujets ? C'est une malédiction qui touche tous les grands pays européens : le Brexit au Royaume-Uni, le populisme en Italie, un nouveau leadership en Allemagne, la France qui connaît une révolte et des troubles. Comment ne pas devenir pessimiste…"
Mais l'information qui fait également la Une des médias allemands ce vendredi, c'est la succession d'Angela Merkel à la tête de la CDU et ses adieux à son parti. Ce dernier se réunit en effet à Hambourg afin de désigner son successeur. "Dès le début, il y a eu une standing-ovation pour Merkel", prévient le Handelsblatt. Pour son dernier discours en tant que chef, cette dernière a affirmé que "le parti n'est jamais l'un ou l'autre, mais tous ensemble". Et pour diriger le groupe, les militants vont se prononcer entre Jens Spahn, Friedrich Merz ou Annegret Kramp-Karrenbauer, les trois prétendants au titre. Pour le Handelsblatt, "après 18 ans d'Angela Merkel, seul Friedrich Merz peut sauver la CDU. La campagne électorale montre qu'il est le candidat qui marque le plus les débats". Verdict des militants d'ici ce soir.
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