Macro-économie / Taux / Annegret Kramp-Karrenbauer / CDU / Gilets jaunes
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Annegret Kramp-Karrenbauer / CDU / Gilets jaunes
Revue de presse allemande : AKK va devoir faire ses preuves rapidement
"Les premiers sondages après le vote le prouvent : il y a un effet AKK, rapporte la Sueddeutsche Zeitung, quelques jours après l'élection d'Annegret Kramp-Karrenbauer à la tête de la CDU. L'Union est en effet créditée de 32 % de soutien contre 26 % fin octobre". Pour le Spiegel, avec la désignation d'AKK à la tête de la CDU, c'est pourtant "la fin définitive de l'Union (telle que nous la connaissons)". "Avec l'élection d'Annegret Kramp-Karrenbauer, la CDU est irrévocablement arrivée dans le présent - bien que AKK puisse être beaucoup plus conservatrice que Friedrich Merz et Jens Spahn réunis". Les rôles de chacun vont devoir se redessiner.
Le Handelsblatt souligne qu'AKK doit désormais "mettre la coalition sur une nouvelle voie". "Le nouveau rapport de force au sein de l'Union met la Grande coalition sous pression. La nouvelle patronne de la CDU va devoir rapidement présenter des succès". Quoi qu'il en soit, selon le Bild, Horst Seehofer, patron de la CSU, serait plutôt optimiste pour l'avenir : "je suis certain que l'Union va pouvoir de nouveau viser des résultats électoraux à 40%", a-t-il déclaré. Le Handelsblatt rapporte que les représentants de la coalition vont se réunir en janvier pour réfléchir à l'avenir de la politique gouvernementale. "Oui, la chancelière Angela Merkel va aussi participer. Mais en aucun cas elle n'aura un rôle décisif", poursuit le quotidien. "Du moment où elle a décidé d'abandonner la tête du parti, le pouvoir politique lui fait défaut".
Parmi les challenges pour AKK : les élections de 2019 dans trois Länder de l'est (Brandebourg, Saxe et Thüringe) où les populistes d'Alternativ für Deutschland sont crédités d'intentions de vote comprises entre 22 et 24%. Avec sa faible expérience, souligne la SZ, le challenge est de taille.
Autre sujet toujours scruté par la presse allemande : les gilets jaunes. "Les problèmes de Macron devraient enseigner la crainte à l'Europe", prévient le Handelsblatt. "Les perdants de la société française se rebellent contre le système. Pour trois raisons, l'Europe pourrait connaître le même sort", explique le quotidien. Déjà en raison des règles de stabilité de l'euro : "La France ne va pas pouvoir tenir son déficit prévu de 2,8% en 2019", affirme le quotidien. "Les annonces d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe vont peser sur le budget". "A cela s'ajoute le fait que les manifestations vont peser sur le PIB. […] Comme le gouvernement italien, mais pour des raisons complètement différentes, Paris va devoir négocier des reports et des exceptions aux règles." Second argument pour le Handelsblatt : "les réformes ne sont pas fructueuses." "La stratégie de Macron de renforcer économiquement la France grâce à des réformes et ainsi de renforcer sa volonté de réformes en Europe ne devrait pas se concrétiser". "Personne en France n'envisage que le président fasse en ce moment une réforme radicale des retraites ou des changements dans l'assurance chômage. [...] Si le président reste bloqué à mi-chemin, la France va rester durablement l'homme malade de l'Europe : un pays avec un fort taux de chômage, des taxes élevées et une industrie en voie de disparition [...] Un pays dont la faiblesse économique entraîne une instabilité politique." Enfin, dernière inquiétude du quotidien : "Ce qu'il se passe en ce moment dans les rues françaises pourrait se développer aussi dans d'autres pays de l'UE. C'est la rébellion de ceux qui se sentent, depuis des décennies, comme la lie de la société, comme des perdants dont personne ne se soucie." "Le système présidentiel français nourrit le sentiment de ne pas être entendu. Cela rend les gens spécialement rebelles. Mais personne ne doit se sentir faussement en sécurité. Les problèmes de Macron pourraient devenir rapidement les problèmes d'autres pays en Europe".
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