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Macro-économie / Taux / Shutdown / Donald Trump

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Shutdown / Donald Trump

Shutdown, quel impact sur l'économie américaine ?

La fermeture partielle des administrations américaines survient au moment où la conjoncture du pays risque de ralentir du fait de l'affaiblissement de l'impact des mesures fiscales et de la potentielle reprise des tensions commerciales.
Congrès US - Washington
Congrès US - Washington

Cela fait maintenant 17 jours qu'une partie des administrations fédérales américaines est fermée en raison du "shutdown", alors que démocrates et républicains s’opposent sur la construction du mur à la frontière mexicaine, bloquant les discussions budgétaires et entraînant au passage la mise au chômage partiel de quelques centaines de milliers de fonctionnaires. Aucun des deux camps ne semble pour l’instant disposé à lâcher du lest, et Donald Trump a même déclaré qu’il était prêt à ce que le shutdown dure "des mois", voire "plus d’un an".

C’est la troisième fermeture partielle des administrations depuis le début du mandat du président mais c’est également la plus longue des trois en termes de nombre de jours. Et sa durée pourrait bien dépasser les records atteints sous les précédentes administrations (26 jours sous Clinton et 16 jours sous Obama), vu le bras de fer engagé entre les deux partis politiques.

Or les premiers effets économiques du shutdown commencent à se faire sentir sur la conjoncture américaine, notamment sur le tourisme, avec la fermeture de nombreux musées pendant la période des fêtes et les retards pris dans le commerce des marchandises, les services douaniers étant fermés depuis deux semaines. Selon les estimations du Council of Economic Advisors, le groupe d’experts économiques chargés de conseiller le Président, chaque semaine de fermeture des administrations représente une perte de 0,1 % pour le PIB américain. Mais, tempère Stephen Gallagher, économiste à la Société Générale, ces chiffres ne prennent pas du tout en compte le rebond de l’économie constaté à chaque réouverture des administrations. Selon S&P, un shutdown total (ce qui n’est pas le cas actuellement puisque certaines administrations sont épargnées) pèserait à hauteur de 0,2 % du PIB pour chaque semaine de fermeture. "Sachant que cette fois-ci, seules 25 % des administrations sont concernées, l’impact devrait être de 1,2 milliard de dollars sur le PIB du premier trimestre par semaine de fermeture", poursuit l’agence de notation.

Au-delà de l’impact économique, le shutdown a également des effets sur le fonctionnement de l’État américain lui-même dans des domaines aussi variés que la sécurité intérieure, avec le problème de la protection des frontières, de la justice, avec le report de nombreuses enquêtes ou encore des retards dans la délivrance de certificats nécessaires à l’exportation de produits. Le processus de remboursement de certaines taxes pourrait également être retardé et ainsi peser sur la consommation des ménages américains, poursuit la Société Générale. Qui estime que le plus gros risque pour l’économie américaine est que d’autres épisodes de shutdown aient lieu dans les prochains mois, même si démocrates et républicains parvenaient à s’entendre temporairement. "Les précédents épisodes de shutdown ont montré que le risque de fermeture des administrations est beaucoup plus élevé lorsque le Congrès est divisé". Le risque d'un nouvel épisode de shutdown, vu le contexte politique du pays, aura plus globalement un impact sur la confiance des consommateurs et des investisseurs, difficile à mesurer, mais certain.

Sans surprise, la banque au logo rouge et noire et l’agence de notation S&P sont en tous les cas unanimes sur le fait que les conséquences économiques dépendront de la durée du shutdown. Jusqu’à présent, l’impact de la fermeture de l’administration américaine a été historiquement limité. Mais il survient cette fois dans un contexte de risque de ralentissement de l’économie américaine, avec l’affaiblissement des mesures de stimulation fiscale et l'enlisement de la guerre commerciale avec la Chine.

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