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Politique économique / Shutdown / Donald Trump

Politique économique
Shutdown / Donald Trump

Shutdown : les calculs au doigt mouillé

L’administration Trump a réévalué le coût du shutdown à 0,1 point de PIB par semaine, soit deux fois plus que l’estimation précédente. Alors que Donald Trump rejette la faute sur le Congrès malgré son rôle central, l’incertitude domine, surtout en l’absence de statistiques.
Maison Blanche
Maison Blanche

La photo de Donald Trump, obligé de servir un repas de fast-food aux joueurs de football de l’université Clemson lundi à la Maison Blanche, a eu l’effet escompté : elle a montré l’impact du shutdown dans le quotidien même de l’administration présidentielle. Et si l’incertitude domine encore largement sur la durée de ce gel de l’administration fédérale et son impact sur l’économie, ces estimations sont revues à la hausse. Ainsi l’administration Trump a été obligée de réévaluer le coût du shutdown, qui est désormais établi à 0,1 point de PIB trimestriel par semaine, contre 0,1 point toutes les deux semaines auparavant.

Le coût de cette fermeture provisoire a été estimé à 6 milliards de dollars au 25 janvier prochain selon S&P, et Deutsche Bank s’est même montré plus pessimiste dans ses projections. "1,4 million de personnes travaillant 35 heures par semaine au chômage technique, cela représente un coût annualisé de 26 milliards de dollars au bout de quatre semaines", a indiqué Brett Ryan, senior chef économiste au sein de la banque allemande.

Le problème principal vient de ce que personne ne sait aujourd’hui combien de temps va durer cette impasse, afin de mesurer son coût. Mardi, le Président américain a reçu à déjeuner neuf membres républicains de la Chambre des Représentants, mais les démocrates avaient décliné l’invitation. Donald Trump, qui réclame une enveloppe de 5,7 milliards de dollars pour financer un mur à la frontière avec le Mexique, a jugé lundi qu’il revenait au Congrès de régler ce problème. Pourtant, il a déjà lui-même rejeté trois offres venant de l’autre camp : en janvier 2018, le leader démocrate au Sénat Chuck Schumer lui avait proposé 25 milliards de dollars sur une période indéterminée pour construire le mur, en échange d’un programme d’accès à la citoyenneté pour les enfants d’immigrés. Le mois suivant, une proposition proche, offrant 25 milliards de dollars sur dix ans dont 2,5 milliards sur l’année, mais jugée trop laxiste par le Président sur le traitement de l’immigration légale. Enfin, le leader républicain du Sénat, Mitch McConnell, a offert peu avant Noël d’étendre le financement fédéral à début février, mais après un vote au Sénat, a été retoqué par Donald Trump.

Cette situation inextricable risque d’obérer la probabilité de deals bipartisans dans les prochains mois, par exemple sur un grand plan d’infrastructures ou le prix des médicaments. Pour Libby Cantrill, responsable des affaires publiques chez Pimco, ce shutdown est particulièrement négatif pour l’image du Président, pour qui la solution "la plus élégante" serait d’annoncer l’urgence nationale, afin de montrer qu’il se bat pour ses citoyens même si elle est attaquée légalement par les démocrates.

En tout état de cause, le chiffrage du shutdown est d’autant plus délicat que les économistes doivent se passer de statistiques cruciales comme celles sur les stocks, les ventes immobilières, et surtout les ventes retail de la période de Noël, attendues au départ le 30 janvier. Un imbroglio également pour la Fed, qui se réunit à la fin du mois et doit se montrer "data-dependent" sans disposer de données actualisées.

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