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Politique économique / Shutdown / Donald Trump

Politique économique
Shutdown / Donald Trump

Shutdown : Donald Trump lâche du lest pour rien

Donald Trump a fait un geste en offrant une protection provisoire aux descendants d'immigrés illégaux en échange du financement du mur, mais son offre a été retoquée par les démocrates et critiquée par les conservateurs. Retour à la case départ donc, mais les républicains ont au moins repris la main.
Donald Trump
Donald Trump

C’était le pire des scénarios pour Donald Trump : voir sa première main tendue aux démocrates fermement rejetée, et être violemment critiquée par sa base pour avoir lâché du lest. De plus en plus sous pression en raison du plus long shutdown de l’Histoire, le Président américain, qui s’était targué de pouvoir provoquer ce blocage fédéral en raison de ses ambitions sur le mur, a sans aucun doute dû réviser sa position. C’est la raison pour laquelle il a formulé son premier compromis samedi, en offrant une protection provisoire de trois ans aux descendants d’immigrés illégaux appelés Dreamers, en échange de l’enveloppe de 5,7 milliards de dollars destinée à financer le mur à la frontière avec le Mexique. Cette offre a été immédiatement rejetée par les démocrates car elle n’apporte aucune voie vers la citoyenneté pour ces immigrés, dans la mesure où l'administration Trump a elle-même décidé de mettre fin à leur statut au sein du DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals) en 2017. Nancy Pelosi, la porte-parole démocrate à la Chambre des Représentants, a fermement retoqué cette offre et appelé le Président américain sur Twitter à rouvrir l’administration fédérale avant tout accord sur la sécurité aux frontières, mettant en exergue les 800.000 fonctionnaires américains qui doivent travailler sans salaires depuis un mois. 

De l’autre côté, cette proposition a aussi provoqué l’émoi de la base conservatrice. “Trump propose l’amnistie”, s’est emportée la commentatrice Ann Coulter. “Nous avons voté pour Trump, nous avons eu Jeb”, a-t-elle déclaré sur Twitter, faisant référence au candidat républicain Jeb Bush, au discours progressiste sur l’immigration. Loin de donner lieu à un élan bipartisan, l’effort présidentiel a donc fait un flop, et a déclenché sa colère envers les démocrates sur les réseaux sociaux, les accusant de miser sur 2020 et de laisser “le crime et les drogues” sur le territoire américain. 

Mais le Président américain, beaucoup plus à l’aise dans la confrontation directe que dans les tentatives de compromis, semble oublier une chose : le budget relève du process législatif, et doit forcément aboutir à un accord avec les démocrates, désormais en charge de la Chambre de Représentants. “Bien sûr, le process législatif est une négociation", a glissé le vice-président Mike Pence, reconnaissant que l’offre présidentielle n’était qu’un point de départ dans les discussions, qui commenceront mardi.  

Certes, l’effort vient désormais des républicains, puisque le leader républicain au Sénat, Mitch McConnell, a annoncé qu’il comptait introduire cette proposition avec celle de la réouverture de l’administration fédérale. Si bien que le camp républicain a repris la main, et pourrait bientôt rejeter la faute d’un nouveau blocage sur le camp adverse. A son corps défendant, Donald Trump apprend peu à peu les rouages sur la façon de gouverner dans un Congrès divisé. 

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