Entreprises / Actions / écologie / compagnies aériennes / co2
Entreprises / Actions
écologie / compagnies aériennes / co2
Environnement : l’aviation civile au défi
C’est ce que révèle la énième étude sur le sujet : les compagnies aériennes ne font presque rien en matière de réchauffement climatique, alors que la pollution aérienne représente plus de 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Un chiffre largement sous estimé, puisque les trajets aériens internationaux échappent aux procédures MRV (Measuring, Reporting and Verifying Measures), les bases de la méthode de comptabilisation des émissions, et ne font par conséquent pas l’objet d’une régulation de leurs émissions. Dans son dernier rapport, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime qu’en réalité sa part est deux à quatre fois plus importante.
Les investisseurs de la Transition Pathway Initiative (TPI) se sont penchés sur les vingt plus grandes compagnies aériennes mondiales. Plutôt que de diminuer leurs émissions réelles, ces compagnies achètent des permis à émettre du dioxyde de carbone qui leur permettent de rester en deçà de certains seuils de pollution — qu’elles se fixent elles-mêmes. Ainsi selon l'étude, Delta, Lufthansa, United Airlines et ANA Holdings affichent les “meilleures” performances en termes de gestion de risques et d'opportunités liées au changement climatique. La TPI a par ailleurs relevé que EasyJet et Alaska Air possédaient désormais les flottes les plus efficaces parmi les 20 premières compagnies aériennes répertoriées, au vu de leurs émissions par passager kilomètre parcouru.
Maintenant, les pires des médiocres. ANA, Japan Airlines, Korean Air et Singapore Airlines produisent les taux d'émissions les plus élevés. Interrogé sur ces données, un responsable de Japan Airlines a déclaré : "Nous visons à publier nos mesures de RSE (Responsabilité Sociale de l'entreprise) à l'horizon 2030 au cours du prochain exercice." Rappelons enfin que les effets de l'aviation sur l’environnement ne se limitent pas à l’émission de gaz à effet de serre, puisque de nombreuses études ont su montrer que les avions créent des nuages artificiels baptisés "cirrus homogenitus" qui réchauffent aussi la planète. Ce sont les traînées de condensation facilement visible dans un ciel bleu.
Le comble tient à ce que la consommation de kérosène est encore aujourd’hui détaxée, une particularité qui tient à la Convention de Chicago adoptée en 1944 lorsque les États-Unis ont souhaité impulser l’activité de l’aviation civile. De fait, toutes les compagnies aériennes sont exonérées de la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE). Bien sûr et au seul niveau français, le maintien de l’exonération du kérosène est incompatible avec les objectifs de réduction des gaz à effet de serre auxquels s’est engagée la France lors de l’Accord de Paris.
Des avions plus économes en carburant, une utilisation plus importante des biocarburants et le fait de garantir que les avions volent à pleine capacité (ce qui est de plus en plus le cas grâce aux algorithmes intelligents de réservation) aideraient à limiter les émissions. Une éclaircie dans ce ciel brumeux ? La Norvège a annoncé en début d'année s’être fixée 2040 pour que ses vols internes soient 100 % électriques. Dans 21 ans.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

