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Politique économique / Emmanuel Macron / ISF / IFI / fiscalité

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Emmanuel Macron / ISF / IFI / fiscalité

Ils sont devenus fous avec l’IFI et l’ISF !

Hier François Bayrou a vertement critiqué la manière dont Emmanuel Macron avait supprimé l’ISF. Pendant ce temps-là, le parti La République en Marche recommande un alourdissement de l’Impôt sur la Fortune Immobilière. Sont-ils devenus fous ?
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, lorsqu’il a lancé le Grand débat National en écrivant une longue lettre aux Français avait, de facto, exclu que l’on revienne en arrière sur l’ISF, expliquant que ce qui avait été mis en place bénéficiait de la légitimité de son élection présidentielle et de la législative qui a suivi. Mais ce que dit Jupiter ne semble même plus être pris au sérieux par ses plus proches alliés. En témoignent les déclarations faites hier par François Bayrou et les propositions émanant de son propre parti.

Pour François Bayrou, invité dimanche du Grand Rendez-vous sur Europe 1, la question d’un rétablissement de l’impôt sur la fortune mérite d’être posée. "Ça n’est pas une question interdite", a-t-il déclaré avant d’ajouter : "J’ai défendu l’idée que la réforme de l’ISF n’avait pas porté sur l’objet défini par Emmanuel Macron pendant la campagne", poursuit François Bayrou, qui considère notamment que de trop nombreuses formes de richesses ont été exonérées de toute taxation à l'occasion de la réforme.

Le président du Modem, principal allié d’Emmanuel Macron, lors de son élection à la présidence de la République, avant d’être brièvement Garde des Sceaux a été plus loin encore dans sa charge en déclarant : "Ce qu’avait dit le candidat, c’est : nous allons exonérer d’ISF l’investissement productif, celui qui va vers les usines, les entreprises, parce qu’une économie, pour être puissante, a besoin d’investissements. Sur ce point, il avait complètement raison". Avant d’ajouter : "Mais on est allé, au prix de pressions multiples, variées et efficaces, plus largement vers beaucoup d’autres aspects de la richesse et notamment des placements non tournés vers la production".

De son côté Stanislas Guérini, le tout nouveau patron de La République en Marche a réuni ses troupes hier à Chartres afin de communiquer urbi et orbi la contribution de son parti au Grand Débat National. Et parmi les cinq grandes propositions qu’il a formulées, figure l’augmentation de l’Impôt sur la Fortune Immobilière, nouvelle version de l’ISF. Comme si en imposant encore plus les propriétaires immobiliers et les bailleurs, les loyers allaient diminuer de manière à libérer plus de pouvoir d’achat pour les locataires.

Il n’est pas besoin de rappeler, devant les abonnés de WanSquare, tous les méfaits de l’ISF et de l’IFI. Ils les connaissent parfaitement. Mais ce sujet est devenu explosif pour Emmanuel Macron. Soit il fait la sourde oreille aux suggestions de ses propres amis, et il risque de voir sa majorité se fragmenter. Soit il touche d’une manière ou d’une autre à l’IFI, en le durcissant, et il risque de passer pour une girouette, moins de deux ans avoir été élu à la magistrature suprême. L’enjeu financier de l’ISF ou de l’IFI est ridicule par rapport à l’enjeu de crédibilité politique pour le Chef de l’État. Emmanuel Macron le sait très bien. C’est pourquoi il va avoir la main qui tremble au cours des semaines à venir. Au risque de tomber dans ce piège mortel pour lui !

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