Politique économique / Guerre commerciale / Négociations / Chine / Etats-Unis
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Guerre commerciale / Négociations / Chine / Etats-Unis
Guerre commerciale : un deal d’ici fin avril ?
Les discussions entre chinois et américains touchent-elles enfin à leur fin ? C’est en tout cas les meilleurs espoirs qui ressortent des dernières communications en provenance de la Maison Blanche. Une nouvelle réunion a été mise en place entre les plus hauts responsables en charge des négociations : le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin et le négociateur en chef américain Robert Lighthizer ont prévu de se déplacer à Pékin la semaine prochaine pour rencontrer le vice-Premier ministre chinois, Liu He. Et la semaine suivante, une délégation conduite par Liu He aura pour but de poursuivre les discussions à Washington.
Cette information est positive, et semble indiquer que les tractations sont en phase finale, ce qui signifie que si tout avance bien, les deux parties pourraient enfin parvenir à officialiser un accord d’ici fin avril. Pour rappel, Donald Trump avait consenti à reporter la date butoir du 1er mars en se fondant sur la bonne avancée des négociations commerciales, mais les chinois ont ensuite été échaudés par l’échec de son sommet avec le leader nord-coréen Kim Jong-Un. Le Président américain était sorti de ces discussions sur le désarmement nucléaire de la Corée du Nord sans deal, jugeant qu’il préférait se passer d’une poignée de mains plutôt qu’un mauvais accord.
Les grandes lignes d’un accord commercial avec les chinois sont désormais bien connues. Le pays a déjà consenti à éliminer le déficit commercial américain, en augmentant ses achats de produits US pour un montant total de 1.000 milliards de dollars sur six ans. Mais le nerf de la guerre réside aussi dans son engagement à protéger la propriété intellectuelle des produits américains, mettre fin au transfert technologique demandé aux entreprises US faisant des affaires en Chine ou encore la suppression des subventions indues aux industriels chinois.
Mais des points bloquants demeurent. Les États-Unis n’ont pas encore obtenu de garanties sur la façon dont la Chine va mettre en œuvre cette protection des entreprises américaines opérant dans le pays. En cas de litige, plusieurs étapes de discussions sont prévues, mais l’Empire du Milieu n’a pas encore accepté la mise en place de sanctions en cas de violation du pacte. Mais la question perdure sur la façon dont les deux parties pourraient, grâce à cet accord, mettre fin aux tarifs douaniers mis en place respectivement par les deux pays. Pour rappel, les États-Unis avaient décidé de mettre en place des tarifs douaniers sur 250 milliards de dollars de produits chinois, soit la moitié de ses importations, et pourraient garder les 25 % prélevés sur 50 millions de dollars de marchandises. En représailles, la Chine a décidé de taxer 110 milliards de dollars d’importations américaines, soit 90 % de ce qu’elle achète.
Le timing est devenu le sujet clé pour Donald Trump, qui montre sa fermeté en public, mais presse ses conseillers pour finaliser ce deal rapidement. Côté chinois, des délais de traduction et surtout d’approbation des concessions directement par le Président Xi Jinping n’ont pas accéléré les choses. Mais les marchés, qui ont intégré le scénario d’un deal, verraient d'un mauvais œil toute prolongation supplémentaire.
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