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Saudi Aramco / Arabie saoudite / pétrole
Saudi Aramco : la ruée vers l'or noir orchestrée par Lazard
La semaine dernière, les agences Moody's et Fitch ont attribué d'excellentes notes à la compagnie pétrolière Saudi Aramco dans un prospectus de près de 500 pages, qui dévoilait pour la première fois une fenêtre rare sur les comptes de la société depuis sa nationalisation. Un résultat net à 111,1 milliards de dollars - le double d'Apple en 2018 - en hausse de 50 % sur un an, et un bénéfice avant impôts, intérêts et amortissements de 224 milliards de dollars, ont suffi à provoquer un appétit d'ogre de la part des investisseurs, prêts à débourser jusqu'à 100 milliards de dollars sur l'émission obligataire du géant. Le montant final de l'opération se monte à 12 milliards, soit 2 milliards de ce que le géant pétrolier saoudien avait envisagé au départ. Une opération sans précédent sur les marchés émergents.
Le tour de table, conseillé de façon indépendante par la banque Lazard, a pour but de financer la diversification de l'économie du royaume, fortement dépendante de l'or noir. L'objectif était la levée minimum de 10 milliards de dollars, un acompte sur l'achat par Saudi Aramco d'une participation de 70 % de la société pétrochimique Sabic pour 69,1 milliards de dollars, qui devra elle-même fournir les liquidités nécessaires au plan du prince héritier Mohammed ben Salman.
Une nouvelle stratégie pour financer "Vision 2030" après l'échec de son plan de cotation en bourse d'une participation à 5 % dans Saoudi Aramco, repoussée officiellement à fin 2020 ou début 2021 et qui pourrait même ne jamais avoir lieu. La demande exceptionnelle pour cette opération inédite a pesé sur les rendements d'État de l'Arabie saoudite la semaine dernière, en raison du simple jeu de l'offre et de la demande. Le rendement à 30 ans en dollars a chuté de 0,2 point de pourcentage pour s'établir à 4,58 %.
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