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Saudi Aramco / Arabie saoudite / IPO
Derniers préparatifs avant le grand saut pour Aramco
Le géant pétrolier saoudien Aramco a confirmé hier sa prochaine entrée en Bourse, qui pourrait être la plus importante du monde. Cela souligne la volonté du prince héritier de transformer en profondeur l'économie de son pays, dépendante au pétrole, à l'aide de son projet Vision 2030. "Saudi Aramco confirme son intention d'entrer au Tadawul, la Bourse nationale saoudienne", a indiqué la compagnie, après le feu vert donné par le régulateur saoudien du marché financier à cette opération.
Aramco devrait céder en tout 5% de son capital, dont 2% lors de son baptême boursier sur le Tadawul selon des sources proches du dossier Le calendrier prévoit une entrée en deux temps : d'abord sur le Tadawul, en décembre, puis, en 2020, sur une place financière internationale, selon une source proche du dossier. Cependant, le président du Conseil d’administration d’Aramco a écarté hier ce scénario. "Pour la partie (internationale), nous vous le ferons savoir en temps utile. Jusqu'ici, ce n'est que sur Tadawul", a indiqué le président du Conseil d'administration d'Aramco, sans préciser la date d'introduction sur la Bourse de Ryad.
L'entreprise a indiqué que ses actions seraient proposées sur le marché saoudien aux investisseurs institutionnels, aux citoyens saoudiens et ceux des pays du Golfe, ainsi qu'aux résidents étrangers en Arabie saoudite. La question du prix reste l’un des enjeux majeurs de cette IPO longtemps apparue comme un serpent de mer. En cédant 5% du capital, l’Arabie saoudite compte récupérer une manne de 100 milliards de dollars pour financer son projet Vision 2030, d’où une valorisation espérée de 2.000 milliards de dollars. Plusieurs banques que sont Goldman Sachs, JP Morgan, HSBC, Bank of America (BofA) et BNP Paribas ont tenté de guider les investisseurs en tentant d’estimer la valeur d’Aramco. Les banques sont en grande difficulté pour estimer Aramco tant et si bien que les fourchettes qu’elles donnent sont plutôt larges.
BofA estime la compagnie saoudienne entre 1.220 milliards et 2.227 milliards de dollars. Quant à Goldman Sachs, elle l’estime entre 1.600 milliards de dollars et 2.300 milliards de dollars compte tenu d'un prix du baril à 64,50 dollars pour cette année et de 60 dollars de 2020 à 2023. JP Morgan Chase n’a pas proposé d’estimation, mais a fourni aux investisseurs un ensemble complet de prévisions financières pour Aramco. La banque américaine, qui travaille pour le royaume depuis des décennies, a averti qu’Aramco avait besoin d’un prix du pétrole à 64,2 dollars le baril pour atteindre son seuil de rentabilité cette année après avoir versé son dividende. Toujours après versement de dividende, le seuil de rentabilité serait inférieur à 60 dollars le baril entre 2020 et 2023, a annoncé la banque dans son rapport. HSBC valorise, elle, Aramco entre 1.590 et 2.100 milliards de dollars. Enfin, BNP Paribas a donné aux investisseurs une estimation extrêmement précise puisque selon la banque française, la compagnie pétrolière saoudienne vaut 1.424394 milliards de dollars.
Il y a donc autant d'estimations qu'il y a de banques. La valorisation ne s'avère pas des plus aisées en partie en raison des fluctuations des prix du pétrole et de sa relative imprévisibilité à court et moyen terme. Or, le pétrole est la principale source de revenu de la compagnie saoudienne. Aussi, selon les scénarios envisagés pour les prix de l'or noir dans les années qui viennent, la valeur d'Aramco peut aller du simple au double comme le montre l'estimation de BofA. En attendant, Aramco vient de faire savoir qu'elle a généré un bénéfice net de 68 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de l’année 2019, ce qui conforte sa position en tant que société la plus rentable au monde.
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