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IPO / Arabie saoudite / pétrole / Saudi Aramco

IPO
Arabie saoudite / pétrole / Saudi Aramco

L'Arabie saoudite est trop gourmande

Le report de l'introduction en Bourse de Saudi Aramco n'a qu'à moitié étonné le monde financier. Et maintenant, c'est toute sa valorisation qui fait débat.   
Logo d’Aramco - Crédit photo : DR
Logo d’Aramco - Crédit photo : DR

Il y a quelques jours, Saudi Aramco a reporté le lancement de son introduction en Bourse très attendue, le dernier revers de ce qui aurait pu être la plus grande cotation du monde. Le géant pétrolier, qui s'apprêtait à donner son feu vert pour procéder à la vente d'actions le 20 octobre dernier, a reporté l'introduction à décembre ou janvier, ont déclaré des personnes proches du dossier. Or, ce retard invite à une nouvelle incertitude, celle de savoir si Aramco et le gouvernement saoudien envisagent sérieusement d’inscrire le bien précieux du royaume et d’ouvrir ainsi la société pétrolière aux investisseurs du monde entier.

Pour la première fois en 2016, le Prince héritier Mohammed bin Salman avairt annoncé son projet d’IPO comme pièce maîtresse de son vaste programme de réforme économique et sociale, connu sous le nom de Vision 2030, consistant à diversifier les ressources du pays pour sortir de la dépendance à l'or noir. Déjà, l'introduction en Bourse avait été suspendue pour des raisons d'évaluation et de divulgation. À la suite de cela, le Prince a relancé le projet de recherche d’une cote plus tôt cette année et, en septembre, a chargé des banquiers pour la gestion de la vente des actions. Aujourd'hui, Mohammed bin Salman évalue la société à 2.000 milliards de dollars, mais les réunions qui ont eu lieu avec les investisseurs évoquent des montants plutôt compris entre 1.300 et 1.700 milliards de dollars.

Certaines sources proches du dossier évoquent que le report est en fait une stratégie du Royaume pour jouer la montre. L'idée, attendre les résultats du troisième trimestre de Saudi Aramco qui devraient montrer un impact limité des grèves contre les installations pétrolières. Or, c'est souvient bien ces chiffres que les investisseurs mobilisent - en plus des versements de dividendes et autres indicateurs - pour arbitrer leurs décisions avant une IPO. Ils appliquent par ailleurs une prime de risque, qui agit comme un rabais sur la valorisation de la société, pour tenir compte de problèmes tels que la sécurité ou les risques géopolitiques. Les résultats rassurants du troisième trimestre, signe de la résilience d'Aramco à la suite des attaques survenues contre ses installations pétrolières lors du mois de septembre dernier, pourraient donc contribuer à réduire cette décote, augmentant ainsi la valorisation de l'entreprise tout en encourageant davantage d’investisseurs à acheter les actions du géant pétrolier. 

Une autre méthode de valorisation, et souvent prisée par les investisseurs, consiste à rapporter la valeur de l'entreprise à son EBITDA. Pour les entreprises, évoluant dans le même domaine qu'Aramco, c’est-à-dire les entreprises pétrolières nationalisées ou non, ce ratio est en moyenne compris entre 5 et 6. En 2018, l'EBITDA d'Aramco se chiffrait à 224 milliards. C'est pourquoi, sur cette base-là, l'estimation de la valeur d'Aramco pourrait donc être comprise entre 1.120 et 1.344 milliards de dollars, c'est à dire les montants que sont prêts à placer les investisseurs à ce jour. Bref, le Prince héritier risque d'être déçu, quand il évoque 2.000 milliards d'euros. Et surtout, il aurait mieux fait d'engager l'Introduction il y a trois ans de cela, lorsque les ratios de valorisation étaient près de 30 % supérieurs à ce qu'ils valent aujourd'hui. 

 

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