Rémunération : la déroute des marchés n’a pas impacté les CEO américains
Comme chaque année, la clôture de la saison des résultats annuels est l’occasion de faire le point sur les rémunérations des grands patrons du S&P 500, à laquelle s’est attelé le Wall Street Journal grâce aux données de MyLogIQ. Les émoluments des dirigeants ont atteint une médiane de 12,4 millions de dollars en 2018, soit le quatrième record annuel d’affilée depuis la fin de la récession. Et cela, alors même que les marchés ont subi une correction au dernier trimestre, si bien que le rendement total de ces firmes a plongé dans le rouge, à -5,8 %.
La palme de l’année 2018 revient à David Zaslav, CEO du groupe de médias Discovery, qui a vu sa rémunération annuelle tripler, à 129,4 millions de dollars l’an passé, contre un rendement de 10,8 % pour ses actionnaires. En place depuis 12 ans, il a reçu 102 millions de dollars de stock-options en lien avec son mandat, renouvelé en juillet dernier jusqu’en 2023, ainsi que 14,8 millions de dollars de titres. En outre, il a touché 9 millions de dollars de bonus et 3 millions de salaire fixe. Le deuxième, le patron de l’industriel allemand Linde, Stephen Angel, est loin derrière à 66,1 millions de dollars (+102 %), et le podium est complété par le CEO de Disney, Robert Iger, qui pointe de son côté à 65,6 millions de dollars (+80,9 %).
De l’autre côté du spectre, seuls 23 dirigeants ont encaissé un chèque inférieur à 5 millions de dollars l’an passé, contre 26 en 2017. Larry Page d’Alphabet et Jack Dorsey de Twitter sont les deux seuls patrons à limiter leurs émoluments à 1 dollar, tandis que Warren Buffett figure juste au-dessus, avec 389.000 dollars de rémunération annuelle, en baisse de 18 % malgré un rendement positif en 2018.
Le bilan n’est ensuite guère réjouissant du côté des femmes : elles ne sont que 20 à figurer dans l’indice phare, contre 22 l’année précédente en raison du départ de dirigeantes de longue date, Indra Nooyi de Pepsi et Meg Whitman de Hewlett Packard, toutes deux remplacées par des hommes. Mary Barra, CEO de General Motors, est en tête du palmarès 2018 côté femmes, à 21,9 millions de dollars, une rémunération quasi stable malgré un rendement en baisse de près de 15 % l’an passé. Seule consolation, la médiane de rémunération des femmes est, à 13,7 millions de dollars, supérieure à celle des hommes.
Une fois n’est pas coutume, les performances des sociétés de l’indice S&P 500 n’ont pas déterminé le niveau des émoluments de leurs dirigeants. Pour preuve, Cobart, le service de vente aux enchères et de remarketing automobile, a généré un retour de 82,2 % l’an passé et pourtant, son CEO est le troisième moins bien payé, à 203.000 dollars, juste derrière Larry Page et Jack Dosey et avant Warren Buffett. Mais les sanctions finissent par tomber : les sociétés qui ont le moins bien performé sont celles qui ont le plus connu de changement de CEO l’an passé.
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