Macro-économie / Taux / France / Retraite / comptes publics
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France / Retraite / comptes publics
Les Français doivent-ils travailler plus ?
La direction générale du Trésor a publié une note sur la durée du travail en France tout au long de la vie. Le constat est sans appel. Les Français travaillent moins que leurs confrères européens chaque année, et restent moins longtemps en activité au cours de la vie.
Trois grandes conséquences découlent de cette organisation du marché du travail. La première concerne la détérioration du taux d’emploi, c’est-à-dire la part des actifs occupés rapportée à l’ensemble de la population en âge de travailler. Il s’établit à 65,3 % en France à la fin 2018 contre 74,9 % et 76,3 % respectivement pour le Royaume-Uni et l’Allemagne. La seconde est l’affaissement du taux d’activité, soit le rapport entre la population active et la population en âge de travailler. La France pâtit d’un retard de 7 points avec le Royaume-Uni et l’Allemagne qui plafonnent tous deux à un niveau avoisinant les 78,5 %. La dernière est l’impact sur la richesse par habitant. En France, l’évolution de la durée du travail n’a eu aucune contribution à la croissance économique depuis 2005, ce qui a pour conséquence de faire croître la richesse par habitant au simple rythme de la productivité horaire, qui est elle-même très faible.
Face à un tel bilan, la France va être contrainte de se réformer. Si la durée légale du temps de travail apparaît comme un acquis social intouchable, c’est sur l’âge légal du départ à la retraite que le plus gros devra être fait. D’autant plus que la France possède une véritable marge sur ce levier. Elle fait partie des pays les plus généreux avec un âge légal de départ à la retraite fixé à 62 ans dans le cadre de la réforme des retraites de 2010, seule la Suède est devant avec un âge légal fixé à 61 ans, là où la moyenne européenne est de 65 ans.
La France est donc au pied du mur sur ce sujet. Les personnes âgées dépendantes représentent un coût de 350 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 14 % du produit intérieur brut, que l’État peine à supporter à travers la dépense publique. Le pays qui connaît un allongement de la durée moyenne d’étude ainsi qu’une augmentation, faible mais continue, de l’espérance de vie, doit impérativement prolonger le nombre d’années où la force productive est en activité. Une solution viable à long terme tablerait sur l'augmentation de l’âge légal du départ à la retraite en France à 65 ans puis à 67 ans à l’horizon 2030. C'est une réforme indispensable, d'autant que les bienfaits seront multiples. Cela permettrait de redresser la trajectoire de la croissance, mais aussi de donner un bol d'air aux comptes publics et enfin de rendre pérenne le système des retraites .
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