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Ce G 7 a tout d’un G vain

Politique économique / G7 / Emmanuel Macron / Donald Trump / Angela Merkel

Politique économique
G7 / Emmanuel Macron / Donald Trump / Angela Merkel

Ce G 7 a tout d’un G vain

À partir de demain la ville de Biarritz accueille le G 7 qui regroupe, les sept principales puissances économiques du monde. Cette réunion qui a longtemps été le symbole du multilatéralisme risque d’être une litanie de constats de désaccords. À tel point que pour la première fois, il n’y aura pas de communiqué final.
Biarritz sous surveillance pour le G 7
Biarritz sous surveillance pour le G 7

Tant de bruit, tant d’argent dépensé, tant de touristes déplacés pour un résultat qui risque de n’être qu’un constat de désaccords entre les sept principales puissances de la planète. Voilà ce à quoi va ressembler le G 7 qui débute demain à Biarritz sous la présidence d’Emmanuel Macron, avant qu’il passe la main à Donald Trump qui présidera celui de l’année 2020.

Cette réunion des principales puissances économiques du monde libre a vu le jour en 1974 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing et de Gérald Ford. Le but était de réunir les principales puissances économiques après le choc pétrolier. D’autant plus qu’à ce moment-là, les cinq pays invités représentaient les deux tiers de la richesse produite chaque année par la planète. La connotation de ce sommet était principalement économique, mais à un moment où le monde baignait dans le multilatéralisme face au front de l’Est.

Petit à petit ce sommet s’est élargi à 7 pays. Et à partir de 1994, la Russie a rejoint officiellement ce groupe, après avoir tiré un trait sur le communisme, avant d’en être exclue vingt ans plus tard à cause de l’annexion de la Crimée. Ce qui a justifié la visite séparée de Vladimir Poutine à Emmanuel Macron lundi dernier au Fort de Brégançon. En se rétrécissant plutôt que de s’ouvrir à la Chine et aux principaux pays émergents, ce groupe ne pèse plus aujourd’hui que 45 % du PIB de la planète, soit un tiers de moins qu’au moment de sa création.

Mais surtout il se déroule dans un climat où le multilatéralisme a perdu beaucoup de sa substance. L’Amérique de Donald Trump – mais c’était déjà le cas avec Barack Obama – est redevenue Jacksonnienne. C’est-à-dire que seuls comptent ses intérêts économiques, militaires, technologiques et commerciaux dans le monde. L’Europe se délite au moment où elle devrait se renforcer compte tenu du repli annoncé du parapluie nucléaire américain. Et ses représentants au G 7 sont plus qu’affaiblis. L’italien Paolo Conte est démissionnaire. Boris Johnson est empêtré dans un Brexit sans accord et Angela Merkel n’arrive plus à tenir sa coalition gouvernementale.

Les sujets économiques appartiennent aujourd’hui principalement aux banques centrales, dont les représentants se réunissent en même temps à Jackson Hole comme chaque année et qui sont démunis devant l’atonie de la croissance. Les sujets diplomatiques sont interdits dans un monde où toute notion de multilatéralisme a disparu. Reste l’environnement qui est devenu le plus petit dénominateur commun de ce G 7. À l’exception bien sûr des États-Unis qui sont sortis des accords de Paris. Comme les patrons français et américains, ce groupe des 7 pays les plus riches pourrait trouver un terrain d’entente sur la lutte contre les inégalités. Mais pour cela il faudrait qu’au sein de ce G 7 il y ait de vrais leaders et un sentiment leadership. Or aujourd’hui, c’est ce qui fait le plus défaut au sein des grandes démocraties dites libérales. Au point que les fondements de la démocratie se trouvent attaqués un peu partout. C’est dire si ces deux jours de G 7 risquent de marquer l’actualité internationale par leur vacuité et par l’incapacité de nos leaders à se mettre d’accord sur l’essentiel.

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