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Mario Draghi / BCE
Super Mario crée la discorde
Les nouvelles mesures de politique monétaire annoncées par Mario Draghi pour soutenir la croissance et l’inflation suscitent de vives critiques et sèment la division au sein de la Banque centrale européenne. Les annonces faites par le grand argentier de fixer le taux de dépôt en territoire toujours plus négatif et de relancer un programme de rachat d’actifs de 20 milliards d’euros par mois à compter du mois de novembre, provoquent l'indignation de ceux qui affirment que ces mesures pénalisent les épargnants prudents.
De fait, les taux d’intérêt servis sur les placements sans risque sont plus faibles que jamais tandis que naissent des bulles dans les secteurs de l’immobilier, des marchés actions et des obligations souveraines. Fervent opposant à la politique monétaire menée par la BCE, le journal allemand, Bild, est même allé jusqu'à accuser Mario Draghi d'être "le comte Draghila" qui "suce le sang des épargnants". Plus inquiétant encore, une scission semble se dessiner au sein du Conseil des gouverneurs. Au moins neuf des 25 membres du Conseil des gouverneurs, le principal organe de fixation des taux d’intérêt de la BCE, se sont prononcés contre les mesures lors de la réunion de jeudi, a déclaré un haut responsable de l’institution de Francfort.
Les critiques sur le bien-fondé de la politique monétaire se succèdent les unes après les autres. Klaas Knot, le Gouverneur de la Banque centrale néerlandaise, a publiquement critiqué cette politique en déclarant "Ce vaste ensemble de mesures, en particulier le redémarrage du programme d'achat d'actifs, est disproportionné par rapport aux conditions économiques actuelles". Jens Weidmann, le Gouverneur de la Banque centrale allemande s’est joint à son collègue batave en déclarant que Mario Draghi avait "dépassé les limites". Des critiques venant donc essentiellement des pays du Nord de l'Europe, ces mêmes pays à qui Mario Draghi intime de mener des politiques de relance budgétaires.
Dans le monde très policé qu’est celui des banquiers centraux, il est tout à fait surprenant de constater que de telles dissensions au sein de la BCE se soient exprimées publiquement de manière aussi véhémente. Christine Lagarde, qui succèdera à Mario Draghi au poste de Gouverneur de la Banque centrale européenne en novembre prochain, aura fort à faire pour bâtir, lors des mois et années à venir, un nouveau consensus en termes de politique monétaire qui s’avérera crucial pour l’avenir de la zone euro.
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