Macro-économie / Taux / grèce / taux négatifs / Dette
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Les investisseurs payent la Grèce pour lui prêter
La Grèce vient d’annoncer avoir levé 487 millions d'euros lors de l'émission d'une obligation à trois mois à un taux négatif de -0,02 %. "Une première", s'est félicité le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Ce qui est encore inférieur au dernier taux auquel la Grèce avait emprunté sur cette même échéance lors de la dernière émission, c'est à dire 0,095 %. Par ailleurs, la Grèce a émis une obligation à dix ans, la deuxième de cette année, à un taux de rendement d'1,5 %, le taux le plus bas auquel la Grèce n’a jamais emprunté depuis son entrée dans la zone euro.
Le Premier ministre a évoqué "une nouvelle marque de confiance pour l'économie du pays". C'est un nouveau chapitre pour le pays qui, il y a encore dix ans de cela, se voyait privé de financement sur les marchés financiers. Ces difficultés avaient secoué l'ensemble de la zone euro et avaientfini par contraindre l'Europe à accorder trois prêts successifs à la Grèce, au prix d'une crise d'austérité et d'une récession inédite.
Finalement, les pays du cœur de la zone euro tels que l'Allemagne et la France, ne sont plus les seuls à bénéficier de conditions d'endettement extrêmement favorables. Pour autant, la Grèce n'est pas l'unique pays périphérique de la zone à profiter de cet engouement des investisseurs pour la dette. Le Portugal lui-même vient d'émettre 750 millions d'euros d'obligations à 15 ans à un taux historiquement bas, bien que positif, de 0,49 %. Concernant la Grèce, le phénomène s'explique par deux choses. D'abord, la politique monétaire menée depuis plusieurs années par la Banque centrale européenne a contribué à affaiblir les primes de risque tous les pays périphériques de la zone euro. La nouvelle annonce du mois de septembre pour un nouveau programme de rachat d'actifs un taux de dépôt toujours plus négatif imposé aux banque - bien que accompagné d'un système de tiering - contribue à amplifier ce mouvement.
D'autre part, il faut rendre à César ce qui est à César. La Grèce a des excédents budgétaires primaires très importants puisqu'ils devraient être de l'ordre de 3,5 % du PIB l'an prochain. Les investisseurs ne s'y trompent pas et récompensent un remarquable sérieux budgétaire qui a même poussé le Fonds monétaire international (FMI) à le juger excessif.
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