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IPO / IPO / Arabie saoudite

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IPO / Arabie saoudite

La prochaine réunion de l'OPEP sera cruciale pour Aramco

La date du 5 décembre pourrait être déterminante pour l'IPO d'Aramco en ce sens que l'OPEP se réunit. Explications.
Logo d’Aramco - Crédit photo : DR
Logo d’Aramco - Crédit photo : DR

L’Arabie saoudite compte bien faire pression sur l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) afin de réduire davantage la production de pétrole avant l’introduction en bourse de sa société pétrolière. Cela vise évidemment à soutenir les prix du pétrole et à rappeler aux investisseurs potentiels d’Aramco l’influence considérable dont dispose l’Arabie saoudite au sein de l’OPEP selon des sources. Tout pourrait se jouer le 5 décembre, lors de la réunion des 14 pays membres de l’OPEP à Vienne. Une date cruciale car elle se situerait seulement 6 jours avant l’IPO annoncée pour le 11 décembre.

Bien que le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman ait revu ses ambitions à la baisse concernant le montant de l’IPO - entre 1.600 et 1.800 milliards de dollars, contre 2.000 initialement -, il souhaiterait tout de même maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé juste avant le moment fatidique pour le Royaume. En effet, les hypothèses de croissance du géant pétrolier, ainsi que le dividende promis, sont basés sur des prix du pétrole autour de 65 dollars le baril, selon un document destiné aux investisseurs. Le Brent, la référence mondiale pour les prix de l’or noir, s'échange actuellement autour de 63 dollars le baril et a chuté de 12% au cours des six derniers mois. L'OPEP a en effet du mal à maintenir un prix élevé compte tenu de la hausse de la production de pétrole de schiste aux États-Unis.

Si les Saoudiens réussissaient à faire respecter l'accord de juin dernier -  visant à réduire la production collective de 1,2 million de barils par jour - par des pays surproducteurs tels que l'Iraq, le Nigéria, le Kazakhstan non membre de l'OPEP et quelques autres, le résultat aboutirait à une réduction effective de 500.000 barils par jour, selon des sources saoudiennes. Pour le moment, l'Arabie saoudite aurait persuadé le Nigeria de faire pression sur d'autres producteurs africains, notamment le Gabon, l'Angola et le Sud-Soudan, pour réduire leur production. L’Iran, qui est souvent en désaccord avec l’Arabie saoudite au sein de l’OPEP, espère également voir davantage de réductions de production lors de la réunion. "Nous prévoyons une baisse de la production de pétrole plus importante encore", a déclaré il y a quelques jours, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh.

Dans le même temps, cela s’agite du côté des investisseurs. La Chine serait en pourparlers pour investir 5 à 10 milliards de dollars lors de l’IPO. Plus précisément, un fonds souverain chinois, le Silk Road Fund (Fonds de la Route de la soie, N.D.L.R), basé à Pékin, compterait parmi les parties qui se sont engagées dans des discussions en vue d’acquérir des actions, selon des sources. Doté d'un capital initial de 40 milliards de dollars, le Président Xi Jinping lui a alloué près de 15 milliards de dollars supplémentaires en 2017. Ce fonds a pour but d'accroître l’influence politique de la Chine et de redonner vie aux anciennes routes commerciales dans le cadre de l'initiative du Président chinois "One Belt, One Road". Ainsi, un investissement dans Aramco permettrait de resserrer les liens avec l'Arabie saoudite et donnerait à la Chine un moyen de tirer astucieusement profit de la hausse des prix du pétrole. Alors que les États-Unis confortent depuis quelques années leur position de premier consommateur de pétrole, la Chine devrait prendre la tête du classement d'ici 2040, avec une demande d'environ 15,8 millions de barils par jour.

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