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Politique économique / croissance / Etats-Unis

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Pourquoi il n'y aura pas de récession américaine l'an prochain

Les États-Unis ont atteint leur plus long cycle de croissance depuis 1854. Pour autant, le pays ne devrait pas sombrer en récession l'an prochain, mais plutôt connaître un ralentissement progressif. Le PIB américain peut effectivement continuer de compter sur une solide consommation des ménages.
Trump CNN
Trump CNN

La récession américaine, que beaucoup de prévisionnistes redoutaient pour 2019, n'aura finalement pas eu lieu. Malgré nombre de signaux inquiétants, dont la fameuse inversion de la courbe des taux, et surtout la longueur du cycle de croissance, le pays aura tenu bon cette année et devrait afficher une croissance de 2,3%. Le choc économique sera-t-il pour l'an prochain ? À la fin du quatrième trimestre de cette année, le pays en sera à son 42ème trimestre de croissance consécutif, constituant ainsi le plus long cycle de progression économique depuis 1854. Une durée de cycle inégalée certes, mais à un niveau bien plus faible que lors des précédents records. "Ce qui d'ailleurs peut expliquer pourquoi la conjoncture ne s'est toujours pas retournée", estime Anton Brender, chef économiste chez Candriam. Qui n'anticipe pas pour sa part de retournement brutal de la croissance américaine l'an prochain. Explications.

Tout d'abord parce que le PIB américain a déjà commencé à ralentir, passant de 2,9% en 2018, à 2,3% cette année, principalement sous l'effet de la baisse des investissements des entreprises. Facteur qui devrait continuer de peser sur la production de richesse du pays l'an prochain, mais dans une moindre mesure. "Les baisses d'impôts aux entreprises de 2018 n'ont pas permis de soutenir les investissements, ces dernières ayant préféré augmenter les dividendes ou privilégier les rachats d'actions", explique encore Anton Brender. L'investissement en équipement des entreprises a ainsi sérieusement ralenti depuis 2015. Mais dans le même temps, l'investissement en R&D est resté stable. Sachant qu'il représente près de 45% de l'investissement productif, sa stabilité a permis de tempérer l'effet du ralentissement des achats des entreprises dans des biens d'équipement. Il faudrait donc que la contraction de l'investissement en équipement soit très profonde l'an prochain pour pousser l'économie vers la récession. "Une baisse de 10% de l'investissement en équipement, combinée à une stagnation de l'investissement en droits de propriété intellectuelle, retirerait 0,6% à la demande finale et 1% à la croissance du PIB américain", estiment les équipes de Candriam.

C'est également le ralentissement des exportations américaines qui a pesé sur le PIB américain cette année et devrait aussi ralentir la machine du pays en 2020. "Un ralentissement marqué de la croissance mondiale pourrait donc également pousser l'économie en récession l'an prochain", poursuit Candriam, via la chute des échanges mondiaux. 

Au final, c'est la consommation qui sera le principal soutien de la croissance l'an prochain : vu la situation du marché de l'emploi américain, les dépenses des ménages devraient continuer de soutenir le PIB. Depuis 2016, les créations d'emploi mensuelles ont toujours été supérieures à 110.000, correspondant à une croissance des nouveaux jobs de 1%. Tant que les créations d'emplois poursuivront sur ce rythme, les ménages américains devraient continuer de consommer. D'autant que leur santé financière est excellente, avec un niveau d'endettement en baisse constante depuis 2010 et un service de la dette qui n'a jamais été aussi bas en raison de la faiblesse des taux ; et même au cas où les ménages connaissaient une baisse de leurs revenus, ils pourraient encore compter sur leur épargne pour consommer : leur taux d'épargne demeure élevé et représente 8% de leurs revenus disponibles.

"Sauf choc de confiance, le ralentissement de la croissance devrait rester graduel" conclut Candriam, qui anticipe une progression du PIB américain de 1,8% l'an prochain. Les marchés ne sont visiblement pas aussi confiants, et la perspective d'un retournement de cycle fait toujours trembler : les principaux indices européens ont fortement pongé cet après-midi, après la publication d'un indice ISM manufacturier de mauvaise facture. L'indice ISM manufacturier a reculé à 48,1 après 48,3 en octobre; les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 49,2 après 48,3 en octobre. A 47,2 après 49,1, l'indice des nouvelles commandes est revenu à son plus bas niveau depuis juin 2012, qu'il avait déjà touché en juillet. Un niveau qui a immédiatement été interprété comme le potentiel signe d'un essoufflement de l'économie US. 

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