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IPO / latécoère / Fonds / Apollo / OPA

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Latécoère sous pavillon américain, le meilleur compromis

Le fonds américain Searchlight Capital a réussi son OPA sur l’équipementier aéronautique toulousain, dont il détient désormais 62%. Il pourra financer des projets de croissance indispensables, et faire monter Tikehau afin de donner des gages aux autorités.
Latécoère
Latécoère

Fin du suspense : le fonds américain Searchlight Capital a finalement réussi son OPA sur l’équipementier aéronautique toulousain Latécoère, où il a désormais plus de 62% du capital. Pour rappel, cet acteur peu connu avait amassé 26% de la société en avril dernier en rachetant les parts de plusieurs fonds américains, puis avait lancé dans la foulée une OPA amicale à un prix de 3,85 euros par action, soit une valorisation de 365 millions d’euros.

Ce projet a suscité plusieurs levées de boucliers, notamment de la part du syndicat CGT, mais aussi plus récemment, des députés de la commission de défense nationale et des forces armées. Les premiers ont fait valoir que ce fonds opaque immatriculé aux Caïmans n’apportait pas vraiment de projet de long terme après une restructuration financière déjà difficile en 2015, et les seconds ont jugé que l’innovation technologique sur laquelle travaille Latécoère, le Lifi – version plus sécurisée, rapide et légère du Wifi – était en péril en passant dans des les mains d'étrangers.

L’État a finalement approuvé ce projet à une condition, celle de rétrocéder 10% du capital à un fonds agréé par lui, probablement le gérant alternatif Tikehau Capital, déjà détenteur d’un peu plus de 5% du capital. Or, malgré les protestations, ce projet est aujourd’hui le seul capable de financer la croissance, interne et externe, de l’équipementier aéronautique, dans un secteur en pleine consolidation et où il doit affronter la concurrence de mastodontes américains et européens.

Les difficultés de Latécoère ne sont pas nouvelles. Depuis sa restructuration financière, son PDG estimait déjà en septembre 2017 que son groupe était "trop petit" dans les aérostructures et devait s’adosser à un champion européen, par exemple Airbus avec qui il avait déjà engagé des discussions dans le passé. Mais les grands industriels du secteur n’ont pas bougé pour protéger ce fleuron tricolore d’intérêts étrangers, et il est aujourd’hui obligé de se rendre à la réalité : de nouvelles et interminables restructurations, ou bien la vente à un fonds étranger, qui connaît bien le dossier puisque l’un de ses responsables était en charge du dossier chez Apollo lorsque le fonds américain est entré à la faveur de sa restructuration, en 2015.

Contrairement aux fonds de dette Apollo et Monarch qui ont pris le contrôle de Latécoère à bon compte pour mieux le revendre à Searchlight Capital, ce dernier présente un plan stratégique consistant à atteindre une taille critique, afin de participer aux prochains appels d’offres aéronautiques. Mais aussi financer des acquisitions et faire avancer la technologie LiFi, sur laquelle Latécoère ne détient pas de brevet critique. Aucun acteur européen n’a été en mesure de présenter un tel projet jusqu’à présent.

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