Macro-économie / Taux / Allemagne / taux négatifs
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Allemagne / taux négatifs
L'épargne allemande atteint des records
L'épargne financière des ménages allemands a atteint un niveau record en 2019 grâce à une année boursière euphorique, dans un pays où la baisse des taux d'intérêt est régulièrement pointée du doigt, selon une étude publiée hier. La somme des placements des particuliers allemands a augmenté de 441 milliards d'euros l'an dernier pour atteindre 6.600 milliards d'euros, soit une croissance de 7,1%, selon les calculs de la banque coopérative DZ Bank.
"L'accumulation d'actifs s'est fortement accélérée par rapport à 2018", qui avait affiché une croissance de 2,2%, commente la banque, qui met cette évolution notamment sur le compte de la progression du cours des actions. De fait, l'indice Dax de la Bourse de Francfort a gagné plus de 25% l'an dernier, après une chute de 18% en 2018 et ce sont donc en tout 184 milliards d'euros de gains qui ont été enregistrés dans les portefeuilles, selon l'étude. Cependant il faut garder à l'esprit que l'épargne en actions reste une pratique plutôt marginale en Allemagne, puisqu'elles représentent seulement 7% des actifs financiers.
En fait, la plus grosse partie de l'épargne financière est placée sur des comptes à vue ou très peu rémunérés, ces derniers représentent 2.671 milliards d'euros. Ces placements sans risque ont eux rapporté en 2019 un rendement réel négatif de -0,6%, si l'on soustrait du taux moyen nominal de 0,7% le taux d'inflation de 1,3% en Allemagne. La perte nette sur les dépôts, obligations, et autres contrats d'assurance-vie a ainsi représenté 27 milliards d'euros, selon l'étude.
L'effort d'épargne des ménages a également joué un rôle essentiel, avec un taux de 11% du revenu disponible mis de côté, c'est autant qu'en 2018 - soit un taux d'épargne des ménages environ deux fois plus élevé que celui de l'Union européenne dans son ensemble, selon les données de l'OCDE. Ce taux d'épargne est même en hausse après avoir atteint un plus bas post-crise, de 9% en 2014. La politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui a amené au tapis les rendements des actifs sans risque, n'a donc pas altéré le comportement des ménages allemands qui continuent, bon an mal an, d'épargner même s'ils perdent en termes réels.
Concrètement, les ménages souhaitent maintenir un certain niveau de revenu de leur épargne. Aussi, en réduisant les gains qui en sont issus, la politique monétaire de la Banque centrale européenne amène les ménages à épargner davantage pour maintenir ce niveau de revenu souhaité - le fameux effet revenu. Toujours est-il que, dans ce contexte appelé à durer, la CSU bavaroise, parti allié des conservateurs d'Angela Merkel, va proposer la semaine prochaine des mesures de protection des épargnants contre des pertes sur leurs actifs financiers, selon des sources allemandes.
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