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Carlos Ghosn / Nissan / Renault / Alliance / liban
Carlos Ghosn se dit victime d'un complot
Cela fait près de deux heures que Carlos Ghosn, ancien PDG de l'alliance Renault - Nissan s'exprime depuis Beyrouth au sujet de son arrestation en novembre 2018 sur le tarmac de l'Aéroport de Tokyo. Dans sa prise de parole en Anglais, en Français, en Arabe et en Portugais, le franco-libanais-brésilien a clamé son innocence dans un exposé particulièrement détaillé.
Documents à l'appui, le patron déchu s'est dit victime d'un "coup monté" organisé par Nissan avec la complicité de certains politiques japonais dont il a voulu taire le nom, pour protéger le Liban qui l'a accueilli. Mais Carlos Ghosn a peut-être déjà suffisamment terni l'image du pays, en lui imposant sa venue, au moment même où la jeunesse libanaise, dans la rue depuis des mois, rêve de dégagisme.
Il faut dire aussi que l'exposé, parfois laborieux, de certains documents qui évoquaient notamment des affaires françaises, était brouillon, malgré une tentative initiale de présenter par chapitres son argumentaire. Carlos Ghosn, qui n'a eu cesse de plaider pour une justice contradictoire, reproduit le comportement de ceux qui l'accusent. En effet, sa communication a sélectionné les journalistes accrédités au Press Club de Beyrouth, en ayant lu au préalable les questions qui seraient posées à l'ex-Patron. Ce type de plaidoirie n'aurait-elle pas plutôt sa place au sein d'un tribunal ?
Sur le fond, l'argumentaire était désordonné, particulièrement sur sa quatrième inculpation, pourtant la plus grave, celle selon laquelle il aurait détourné à son profit personnel une partie des 3,5 milliards de yens versés par Nissan à Suhail Bahwan Automobile, le concessionnaire Renault - Nissan du sultanat d'Oman, et ce malgré l'usage d'un PowerPoint à visée pédagogique.
Finalement, difficile de dire si cette conférence de presse a mis fin aux interrogations suscitées par l'évasion inattendue et spectaculaire de l'ancien patron. Demain, il sera entendu par le procureur général du Liban, mais il est probablement davantage convoqué pour l'image de sérieux que le pays souhaite donner aux caméras du monde entier, rivées cette après-midi sur Beyrouth, que pour des explications sincères au sujet ses différents chefs d'accusation dont il fait l'objet.
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