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Capgemini-Altran : l’échec de la méthode Elliott
L’activiste Elliott n’aura finalement pas réussi à empêcher la formation d’un géant français du conseil technologique. Aujourd'hui l’AMF a annoncé officiellement le succès de l’offre de Capgemini sur Altran, le premier ayant obtenu 53,57% du capital et 53,41% des droits de vote du second. Conseillé par Lazard, le groupe de Paul Hermelin avait fixé la réussite de son offre avec 50,1% du capital, et l’obtient donc de justesse. Une opération à 3,7 milliards d’euros hors dette, qui fait émerger un groupe mondial de 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires aux 265.000 collaborateurs. Mais comme il s’y était engagé, Capgemini s’est engagé à ne pas prendre le contrôle d’Altran avant la décision de la Cour d’Appel de Paris qui aura lieu d’ici fin mars 2020, mais aussi de ne pas déposer de nouvelle offre à un prix supérieur à celui de l’offre dans les 18 prochains mois. Néanmoins, le groupe va essayer de monter au capital avec la réouverture de l'offre du 28 janvier au 10 février prochain, conformément à la réglementation boursière.
Cet épilogue signe donc la défaite de l’activiste Elliott, qui était entré au capital en juillet dernier et s’était emparé du dossier. Le fonds de Paul Singer, habitué à des méthodes musclées, ne remettait pas en cause le fondement industriel de cette fusion mais seulement son prix, jugeant qu’Altran était sous-valorisé par rapport à ses perspectives de croissance et aux multiples du secteur. Il y a deux semaines, il avait encore remis la pression en jugeant que le prix était d’autant moins avantageux que le cours d’Altran avait grimpé depuis plusieurs mois, rabaissant la prime offerte.
Alors qu’il avait juré qu’il n’y toucherait pas, Paul Hermelin a finalement consenti à relever à la marge, de 14 à 14,5 euros par action, soit bien en dessous des 18 euros que réclamait Elliott. Mais grand bien lui en a fait, car cela a permis à Capgemini d’obtenir les titres des derniers actionnaires réticents d’Altran, qui attendaient un geste d’ouverture après la campagne féroce d’Elliott sur le terrain. Au final, ce dernier a obtenu une rallonge d’un peu plus de 13 millions d’euros sur le prix initial de l’offre, auquel le titre cotait déjà lorsqu’il a ratissé 10,7 % des parts, au fil de l’eau lors des derniers mois.
Après son échec sur Pernod Ricard l’an passé, Elliott essuie une nouvelle défaite avec une opération emblématique en France. Pour défaire de grandes transactions industrielles cruciales dans une phase de consolidation, les activistes doivent plus que jamais développer un argumentaire de fond solide et convaincant, plutôt que des gesticulations et un verbiage racoleur. À bon entendeur.
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