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Macro-économie / Taux / Déficit / commerce

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Déficit / commerce

Le commerce français fait de la résistance

La France a publié ce matin les chiffres de sa balance commerciale pour 2019 : malgré le contexte de repli sur soi des États-Unis et de guerre tarifaire avec la Chine, l'Hexagone a affiché une amélioration de son solde commercial, pour la première fois depuis 2015.
Airbus
Airbus

La France à contre-courant ? Alors que l'Allemagne a connu l'an dernier un très net coup de mou en raison de l'effondrement de sa production industrielle, l'Hexagone a plutôt bien résisté (1,2% de croissance contre 0,6% pour sa voisine), notamment grâce à la bonne tenue de la consommation des ménages français. Les chiffres de sa balance commerciale publiés ce matin soulignent également que les ventes du pays à l'étranger ont tenu bon, malgré un contexte de commerce mondial très défavorable, en pleine guerre forfaitaire entre la Chine et les États-Unis.

Selon les douanes françaises donc, le déficit des échanges de notre pays s'est -pour la première fois depuis 2015- légèrement réduit l'an dernier, pour atteindre 58,91 milliards d'euros, contre 62,84 milliards en 2018. Les exportations ont ainsi progressé de 3,3% en 2019 (soit un niveau toutefois légèrement inférieur à 2018, où elles avaient progressé de 3,9%),  grâce notamment à la bonne performance des exportations de produits pharmaceutiques (+10,4 % à 33,6 milliards d'euros), de produits textiles et d’habillement (+8,5 % à 28,5 milliards d'euros), ou encore de produits agricoles et agroalimentaires (+3,2 % à 64,4 milliards d'euros). Par ailleurs, les exportations dans l’aéronautique ont progressé pour la deuxième année consécutive (+11,9 % à 64,2 milliards d'euros) grâce à une nouvelle année record pour Airbus (863 livraisons dont 358 depuis la France). Les filières du luxe ont aussi continué de soutenir le commerce extérieur français avec une progression des exportations de 9,0 % à 55,9 milliards d'euros.

Dans le même temps, les importations totales ont sensiblement ralenti, progressant de 2,2% seulement, après une hausse de 4,3% l'année précédente. Un ralentissement principalement dû à la réduction de la facture énergétique du pays (-0,8 milliard), même si celle-ci continue de peser sur la balance commerciale de l'Hexagone, représentant 60% du déficit total des biens. Preuve du dynamisme de l'économie française l'an dernier, les importations hors énergie ont progressé au même rythme qu’en 2018 (+3,2%), avec des hausses importantes dans le secteur aéronautique (+10,2 % à 33,2 milliards d'euros), de machines industrielles et agricoles (+4,7 % à 47,6 milliards d'euros) et de véhicules automobiles (+4,8 % à 47,3 milliards d'euros).

Des chiffres satisfaisants immédiatement repris par le secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne, qui a par ailleurs souligné que la France n'avait pas compté autant d'exportateurs depuis 17 ans. Le nombre d’entreprises exportatrices mesuré par les Douanes a ainsi atteint plus de 128.000 contre 125.000 en 2018, soit un niveau plus élevé que celui d’avant-crise (2008). "Ces chiffres 2019 sont très encourageants pour notre politique économique et notre stratégie de soutien au commerce extérieur. Malgré les tensions commerciales et la montée du protectionnisme, notre déficit commercial a baissé de 3,9 milliards d'euros, nos exportations de biens ont progressé de 16 milliards d'euros", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Si tous les pays de la zone euro n'ont pas encore publié les chiffres de leur solde commercial annuel, la tendance observée sur les trois premiers trimestres de 2019 laisse penser que la croissance des exportations françaises de biens pourrait être supérieure à celle des exportations allemandes, britanniques, italiennes, néerlandaises et espagnoles. Malgré ces bons chiffres et une compétitivité coût en hausse de 7% depuis fin 2013 selon le dernier rapport de l'OCDE, la part de marché de la France dans le commerce mondial reste faible, de 3,1% sur les biens et à 3,5 % sur les biens et services. Le pays devra donc poursuivre l'internationalisation de son économie, s'il veut conserver sa place de 5ème exportateur mondial et ne pas se faire grignoter progressivement ses parts de marché. 

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