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Airbus / 737 MAX / Boeing 737 MAX / coronavirus

Aéronautique : après le 737 Max, un nouveau coup dur

L’avionneur européen n’a enregistré aucune commande en février et a averti que les années 2020 et 2021 seraient difficiles en raison du coronavirus. Après l’arrêt de la production du 737 MAX, l’industrie - et surtout ses nombreux sous-traitants - subit une nouvelle déconvenue.
Airbus A380
Airbus A380

Début 2020, tous les signaux étaient au vert pour Airbus, qui bénéficiait de la profonde crise du 737 MAX en cours chez Boeing. Le groupe avait ainsi annoncé un niveau record de 863 livraisons en 2019, soit deux fois plus que son concurrent américain (380 livraisons) et projetait même d’atteindre les 880 livraisons en 2020. De quoi faire bondir le titre du groupe de 22% sur le dernier trimestre, tant les perspectives étaient favorables pour l’avionneur européen.

Las, le coronavirus est arrivé et a gelé les transports dans une partie de la Chine, avant de s’étendre au monde entier. Mercredi, le directeur commercial d’Airbus Christian Scherer rappelait lors d’une conférence du secteur que le secteur aéronautique fonctionnait sur des "cycles longs", avait démontré sa résilience dans le passé et qu’il était trop tôt pour savoir si la pandémie aurait un impact au plan industriel. Mais le lendemain, le directeur général Guillaume Faure a eu un tout autre discours. Et pour cause : Airbus n’a enregistré aucune commande au mois de février pour la première fois depuis plus d’un an et n’a livré que 55 appareils, loin du rythme nécessaire pour atteindre ses objectifs.

Le dirigeant s’est en particulier montré préoccupé par la situation des long-courriers, qui faisaient déjà face à une situation de surcapacité. Le marché sera "encore plus difficile" en 2020 et 2021 sur ce segment, a-t-il reconnu, d’autant que la compagnie asiatique low-cost Air Asia a reporté la livraison de 76 appareils sur un total de 296, soit plus d’un quart de sa production annuelle. Si bien que le même jour, Bloomberg indiquait qu’Airbus songeait à réduire encore le rythme de production de A330neo, qui est déjà passé de 53 à 40 appareils l’an passé, en raison de la baisse de la demande. Sans parler de la hausse des taxes américaines en vue, qui vont passer de 10% à 15% pour toutes les commandes américaines.

Ces nouvelles sont aussi un coup de massue pour les nombreux sous-traitants d’Airbus et Boeing, à l’instar de Safran bien sûr, mais aussi de plus petits comme Mecafi, Figeac Aéro, Daher ou Latecoere. Si Airbus n’avait pas les reins assez solides pour reprendre toute l’activité de ces sous-traitants du Boeing 737 MAX, il en a encore moins les moyens s’il anticipe de son côté une baisse drastique des commandes, en tout cas à court terme. Dans le cas du SRAS, le marché était reparti rapidement mais le coronavirus est actuellement encore en pleine propagation, si bien que les perturbations du secteur aéronautique pourraient durer plusieurs années, comme l’anticipe Airbus. D’où l’importance du plan d’aide publique, afin de garder à flot les PME impactées par ce virus en France.

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