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Pourquoi les Bourses européennes remontent moins vite qu’outre Atlantique

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Pourquoi les Bourses européennes remontent moins vite qu’outre-Atlantique

Le S&P 500 a repris plus de 30 % depuis son plus bas du mois de mars, contre un peu plus de 20 % pour l’indice européen Stoxx 600. Explications.
NYSE - Bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis
NYSE - Bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis

Si les bourses sont hésitantes depuis hier matin, sur fond de reprise des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, elles ont tout de même repris de belles couleurs depuis l’effondrement du mois de mars. Il reste que le marché américain s’en sort pour l’instant mieux que celui du Vieux Continent, avec une hausse nettement plus rapide.

L’indice S&P 500 a ainsi progressé de 30 % depuis son point bas du 23 mars, tandis que l’Eurostoxx 600 a repris un peu plus de 20 %. Il avait pourtant davantage plongé que l’indice américain au moment du krach boursier de mars. Le premier a ainsi dégringolé de 31 % entre le 1er janvier et le 23 mars au plus fort de la crise, contre une chute de 40 % pour l’indice européen. Plusieurs facteurs justifient ce décalage apparent de la reprise des marchés financiers de part et d’autre de l’Atlantique.

Le premier tient à la constitution des indices de chaque côté de l’océan ; les valeurs cycliques, dont les banques ou celles liées au secteur de l’énergie sont davantage présentes dans l’indice européen et ont particulièrement sous-performé au moment du krach. Et elles devraient continuer sur cette tendance, alors que les institutions financières devraient connaître une détérioration de leur rentabilité dans un contexte de taux durablement bas et que les risques de défauts d’entreprises, auxquelles elles ont accordé des crédits, va augmenter. Les entreprises pétrolières et du secteur minier vont quant à elles continuer de souffrir de l’effondrement des prix du pétrole, alors que le WTI s’échangeait hier à 20 dollars contre 65 dollars en début d’année.

Les places boursières qui se sont le plus redressées dans le monde sont au contraire celles dont les indices sont composés d’entreprises qui disposent de croissance des revenus fiables et de bilans solides : les valeurs technologiques américaines combinent ces deux atouts et ont sans surprise boosté la reprise du marché US. Les cinq plus grosses valeurs de la tech américaine constituent ainsi 18 % de la capitalisation de l’indice S & P 500, représentant plus de deux fois la valeur du Footsie 100 et 5 fois celle de l’indice allemand du DAX.

Autre élément d’explication, la politique de dividendes mise en place par de nombreuses entreprises du Vieux Continent. Ces dernières ont été plus drastiques que leurs consœurs américaines concernant leur stratégie de versement de dividendes pour cette année, sous la pression de la BCE notamment qui a fortement incité les entreprises à faire ce geste, en échange des politiques de soutien des États. Ainsi, 189 entreprises de l’indice Stoxx 600 ont annulé ou reporté le paiement de leurs dividendes.

Enfin, la différence de stratégie des banques centrales aux États-Unis et à Francfort a également joué sur le rythme de reprise des bourses dans les deux régions. La Fed a réagi plus rapidement que la BCE en décidant sans attendre sa réunion de politique monétaire de mars de baisser les taux de 50 points de base, dès le 3 mars. Elle n’a depuis lors cessé de prendre des mesures destinées à soutenir la liquidité et les marchés, et s’est engagée dès le 23 mars à acheter des titres hypothécaires et des bons du trésor sans limite de montant. La BCE a elle aussi employé les grands moyens, mais un peu plus tardivement, avec le lancement de son programme d’achat d’urgence pandémique de 750 milliards d’euros ainsi que des opérations de refinancement à bas coût pour les banques. Mais elle n’a pas, pour le moment, franchi le cap des achats illimités et n’a pas baissé les taux directeurs, bien que les taux accordés aux banques dans le cadre des TLTRO soient inférieurs à ses taux de référence.

Dans ce contexte et tant que les incertitudes demeureront sur l'ampleur de la récession de chaque côté de l'Atlantique, la bourse américaine devrait continuer de surperformer les places financières du Vieux Continent. À moins que le vieil adage boursier, utilisé des deux côtés de l'Atlantique "Sell in may and go away" rebatte fortement les cartes des indices.

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