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Politique économique / croissance / Récession

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coronavirus La France parmi les plus affectés par le Covid-19

CORONAVIRUS. Selon un rapport de l'OFCE, l'Hexagone a connu une baisse de son PIB de plus de 30 points au cours du mois d'avril, période sur laquelle l'institut de recherche a conduit ses calculs. Aux Etats-Unis, cette baisse n'a atteint "que" 22 points. 
Paris - France
Paris - France

"Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés". Si tous les Etats du monde ont progressivement été touchés par la terrible épidémie de coronavirus, quasiment terminée dans le Vieux Continent, et dont le Brésil est devenu le nouvel épicentre, tous ne seront pas affectés de la même façon d'un point de vue économique. C'est ce qui ressort d'une étude publiée par l'OFCE sur l'évaluation de l'impact économique de la pandémie et des mesures de confinement en avril 2020. Selon leurs estimations, établies à partir des tableaux entrées-sorties de la World Input-Output Database (WIOD), l'économie mondiale a connu une récession de -19% en moyenne au cours du mois d'avril, mais les Etats-Unis, et le Royaume-Uni sont ceux qui ont été le moins affectés, tandis que la France, l'Italie et l'Espagne ont affiché les chutes du PIB les plus fortes. "Ces disparités observées de l'effet de la pandémie et du confinement sur la croissance proviennent en premier lieu des chocs d'origine interne et externe subis par les économies mais elles peuvent aussi résulter des problèmes de construction des comptes nationaux dans le contexte inédit de la crise du Covid-19 et de la manière dont les instituts de statistiques nationaux ont résolu ou remédié aux difficultés inhérentes à la situation", expliquent ainsi Eric Heyer et Xavier Timbeau. Il serait donc prématuré selon les deux chercheurs d'établir dès à présent un classement des pays selon leur vulnérabilité, les comptes nationaux étant davantage susceptibles d'être révisés qu'à l'accoutumée. 

Il n'empêche qu'en recoupant ces premières estimations et les mesures de restriction de l'activité mises en place par chacun des Etats, le tableau permet d'avoir une idée un peu plus précise des pays qui pourraient le mieux s'en tirer. En termes de calendrier, c'est l'Italie qui a entamé le bal du confinement, avec une fermeture des commerces non essentiels et une obligation pour les individus de rester chez eux dès le 9 mars. L'Espagne a suivi, le 15 mars, puis la France deux jours plus tard avec une limitation des déplacement des citoyens au lieu d'une obligation stricte de rester confinés chez eux. Le confinement allemand a commencé le 23 mars. Aux Etats-Unis les restrictions ont débuté le 15 mars, 4 Etats seulement n'ayant pas décidé des mesures de confinement ni de fermeture de commerces. En termes de magnitude, les mesures italiennes, françaises et espagnoles ont été les plus dures, suivies de l'Allemagne et des USA. 

Sans surprise, ces différentes mesures de confinement se sont traduites par un effondrement de la demande dans les Etats, calculé en mobilisant notamment des indicateurs nationaux pertinents, tels que les indices de production industrielle, les paiements par carte bancaire, les immatriculations de véhicules neufs, les ventes de détail, la consommation d'électricité, les données de fret portuaire. Selon ces calculs donc, la baisse de la demande de la consommation et de l'investissement a atteint 30 points de PIB pour la France, 29 points de PIB pour l'Italie et -25 points de PIB pour l'Espagne en avril. L'Allemagne a été la moins affectée (-19 points de PIB). 

Ce choc de demande interne s'est ensuite diffusé à l'ensemble de l'économie mondiale, la baisse généralisée de la consommation et des investissements ayant entraîné un effondrement des importations. Ainsi, selon les calculs de l'institut, le commerce mondial pourrait avoir connu un choc de 25% au mois d'avril en raison des mesures de confinement. Et cette fois-ci, c'est l'Allemagne, dont l'économie est plus ouverte que celle de la France notamment, qui a le plus pâti du ralentissement des échanges : ses exportations ont ainsi reculé de 33%, contre 28% pour la France ou 24% pour la Grande-Bretagne. 

Qu'en est-il de l'impact du confinement sur le PIB global de chaque Etat ? Selon l'OFCE, les mesures de restrictions de l'activité et de distanciation physique auraient eu un impact de -19% sur la valeur ajoutée au niveau mondial. Au niveau international, c'est le secteur de l'hébergement-restauration qui serait le plus affecté, de -47%, suivi du commerce (-43%), de la construction (-43% également), de celui de la fabrication de matériel de transport (-35%) et celui du transport et entreposage (-28%). Les activités liées à la production alimentaire ont plutôt bien résisté (-9% pour l'agriculture-7% pour l'industrie agroalimentaire).  De la même façon qu'au niveau des branches, les pertes d'activité ne sont donc pas uniformément réparties géographiquement : l'Espagne, la France et l'Italie ont été les plus affectés avec des chutes de valeur ajoutée de plus de 30 points (pouvant aller jusque 36% en Espagne). Les États-Unis et l'Allemagne ont au contraire connu des chutes d'activité moins fortes (-22% et -24%). 

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